Bouhania Goui, politologue «Une vision à long terme»

L’Algérie vit au rythme d’un ballet-diplomatique depuis quelques mois. Des ministres, des chefs d’Etat et d’autres importantes personnalités ont effectué des visites de haut niveau en Algérie, ce qui démontre, d’après les politologues, «l’importance et la place prépondérante» de notre pays dans le concert des nations, notamment en cette conjoncture marquée par des bouleversements géopolitiques impliquant de nouvelles alliances et surtout de «vrais» partenariats stratégiques.

Le professeur Bouhania Goui, politologue à l’université d’Ouargla, affirme que la diplomatie algérienne travaille depuis 2019 sur deux axes : la révision de l’architecture globale de ce secteur en fonction de la politique adoptée par le président de la République, fondée sur la diversification des partenariats économiques, politiques et culturels, et la reviviscence de la diplomatie ayant sombré par le passé dans une léthargie accablante.
L’effort fourni par le chef de l’Etat depuis deux ans, poursuit Goui, s’est traduit par ce nombre important de déplacements enregistrés récemment dans notre pays que ce soit de la part des Etats qui connaissent des conflits politiques, tels que le Mali ou la Libye, ou ceux qui jouissent d’une stabilité politique. En dépit des tensions géopolitiques, l’Algérie a pu rentabiliser ses relations diplomatiques notamment avec la Russie qui l’avait grandement soutenue lors de la crise sanitaire, souligne le politologue, qui évoque également les liens consolidés avec la Chine et les Etats-Unis essentiellement dans les domaines de la lutte antiterroriste et le rétablissement de la paix régionale.
Goui précise que l’Algérie mise sur son retour diplomatique sur la scène internationale en proposant des visions prometteuses sur les modalités de résolution des menaces qui entourent le pays. Ce qui est de nature à rétablir la confiance citoyenne. Le Président, rappelle-t-il, a mis en place également une nouvelle stratégie pour réorganiser la maison de la politique extérieure à moyen et à long terme conformément aux constantes nationales et aux objectifs politiques de l’Etat. Il ambitionne également de contribuer à solutionner les vieux dossiers conflictuels tels que les crises sahraouie et palestinienne qu’il considère comme des causes «justes», comme il veut peser de tout son poids pour instaurer une stabilité régionale et africaine.
L’expert reléve que le mouvement diplomatique opéré par le chef de l’Etat l’année dernière vise justement à mieux défendre les intérêts suprêmes du pays, la consolidation des relations diplomatiques, la promotion de la paix internationale et l’implication de la communauté algérienne établie à l’étranger dans le processus de l’édification nationale.
 Karima Alloun