Bounoura plus attractive que jamais

Créée lors du découpage administratif de 1991, la daïra de Bounoura chapeaute deux communes, à savoir Bounoura et El Ateuf. Située à 2 km à l’est du centre-ville de Ghardaïa, elle constitue la banlieue de la ville.
A vocation touristique en premier lieu, la ville de Bounoura enregistre un flux de visiteurs important, en dépit de la crise sanitaire. Ce n’est guère étonnant puisqu’elle abrite outre le ksar de Tafilelt, la ville antique de Beni Isguène. Classée comme la plus importante da la Pentapole après Ghardaïa. Célèbre pour l’impeccable propreté de ses rues et le bel agencement de ses maisons, son vieux ksar, la tour Boulila et son marché de vente à la criée. Ces spécificités ont donné plus d’attractivité à la ville de Bounoura qui, faut-il le dire, a enregistré un flux touristique considérable. La réalisation de la cité Tafilelt, première ville écologique dans le désert algérien, prend en compte toutes ces dimensions. Aussi, la gestion rationnelle de l’environnement, l’atténuation et l’adaptation aux changements climatiques ainsi que la préservation du microclimat oasien renforcent sa position de destination touristique. La nouvelle ville a remporté plusieurs premiers prix internationaux, dont celui de la Ligue arabe de l’environnement 2014 et National Energy Globe Award 2020, un  des plus prestigieux pour l’environnement, décerné annuellement par la fondation autrichienne Energy Globe Foundation. «Ce projet est devenu un modèle et une référence en matière de préservation du patrimoine architectural, alliant modernité, confort de vie, bioclimatique et écologie, en utilisant des matériaux de construction locaux», a déclaré le Dr Nouh, initiateur du projet. «Le flux touristique n’a pas diminué même en période de crise sanitaire. Bien au contraire, la pandémie a boosté le tourisme local, particulièrement durant les vacances scolaires», indique le chef de daïra. Et d’ajouter : «Nous recevons régulièrement des délégations officielles de plusieurs pays du monde.»
D’ailleurs, précise-t-il, «nous attendons, au cours du week-end (vendredi 12 novembre), l’arrivée du voyageur qatari Khaled Al-Jaber, qui fait le tour du monde.» «Il a choisi la commune de Bounoura pour ses particularités identiques à quelques villes du Qatar. » En termes de capacités d’accueil, plusieurs réalisations publiques et privées ont été finalisées. «Des auberges, des petits motels familiaux ont vu le jour, sans oublier la réhabilitation de plusieurs hôtels à l’image d’El Djanoub, M’zab…» Outre les sites antiques, Bounoura recèle une zone de savoir et de connaissance. Autrement dit, elle est dotée d’une université, d’une unité de recherche appliquée aux énergies renouvelables, d’un centre de développement des énergies renouvelables. Des infrastructures qui renforcent la position du secteur. Il sied de relever que «ces infrastructures ont permis la création de plus de 400 nouveaux postes d’emploi», fait savoir le même responsable
Le secteur agricole en plein essor
Comptabilisant 29 années d’expérience en qualité d’attaché au cabinet du wali, Himeur a réussi à relancer plusieurs projets en suspens, à l’instar du projet d’assainissements du foncier industriel et agricole, en vue de moderniser et développer le secteur. Un dossier que les autorités locales prennent au sérieux au regard de la vaste superficie à vocation agricole dont dispose la daïra. Il y a lieu de relever que les programmes et tous les mécanismes existant déjà et mis en place pour la régularisation du foncier agricole, relevant du domaine privé et de l’Etat, sont mis en valeur dans le cadre de la concession. Pour le chef de la daïra de Bounoura, «c’est un projet d’une importance majeure. Il a pour objectif d’assurer l’exploitation réelle et optimale des terres agricoles, sédentariser les jeunes de la région, résorber le chômage et augmenter la production agricole». Un secteur qui a d’ailleurs «connu un envol incontestable», affirme le premier responsable de la daïra dont la superficie est estimée à 810 km2. Selon un dernier recensement, la ville compte 60.000 habitants. «Nous avons des potentialités énormes pour développer le secteur. Nous avons recensé les assiettes agricoles dont 9 périmètres au niveau de la commune de Bounoura», note notre interlocuteur. «Au sujet du portefeuille foncier confié à l’Office de développement de l’agriculture industrielle en terres sahariennes, des périmètres dédiés à la mise en valeur ont été attribués aux jeunes porteurs de projets d’investissement agricoles et agro-industriels, à l’issue des décisions du comité d’expertise et d’évaluation technique.» Pour la production agricole, la daïra compte des arbres fruitiers, des oliviers et une étendue de palmeraies séculaires.  Au  volet de l’irrigation, des forages sont réalisés. Leur  profondeur atteint parfois les 400 m.
 De nouveaux forages
La daïra de Bounoura, connue pour son relief subsaharien, «a bénéficié de plusieurs nouveaux forages destinés à renforcer l’alimentation en eau potable», rappelle Himeur, qui affirme que la région n’a pas, durant cet été, connue de «perturbation significative de l’alimentation en eau potable, à l’instar des autres wilayas du pays, en dépit de la rareté de la pluviométrie». Sur ce chapitre, le chef de daïra rappelle que la région du M’zab «est à l’abri grâce à ses importantes nappes phréatiques».Dans le cadre du développement local, Rachid Himeur évoque le plan d’action, lequel est projeté, à court, moyen et long terme. «La priorité a été ainsi accordée au développement intégré, planifié sur la base d’une concertation avec les citoyens, en vue de concrétiser une meilleure prise en charge de leurs attentes et d’asseoir les bases d’une véritable ville moderne et contribuer au développement socio-économique de la région», souligne Himeur, qui précise que «le plan à court terme a été finalisé». Dans ce sillage, il précise que sur le plan éducatif et santé, «les objectifs escomptés ont été atteints grâce au fonds de soutien des collectivités locales». En ce sens, il indique : «Nous avons une nomenclature diversifiée qui prend en charge l’amélioration du quotidien des habitants sur tous les plans. En premier lieu, la finalisation des raccordements de l’ensemble des quartiers et localités au réseau d’assainissement, l’approvisionnement en eau potable, la réalisation de nouvelles écoles, l’amélioration de la couverture sanitaire et l’aménagement des villes.» Des priorités arrêtées sur décision des autorités locales dans le cadre du développement local. «Actuellement, on focalise sur le désenclavement des régions qui accusent un sous-développement», précise-t-il.
Emergence de la zone industrielle
Au cours des dernières années, l’activité industrielle a connu un bond quantitatif. «Plusieurs entreprises et micro-entreprises, notamment familiales, ont été créées, générant des postes de travail au profit des jeunes compétences de la région», précise le chef daïra, Rachid Himeur. Il cite à titre d’exemple l’Entreprise des unités de production du matériel d’éclairage public, outillage, la direction régionale de Naftal, avec ses stations-services réparties dans la région. Le secteur connaît toutefois un manque de foncier industriel. Un problème persistant, en raison de la géomorphologie et l’environnement alpin. L’extension de la ville sur le chemin qui mène vers Ouargla devrait résoudre le problème, selon le même responsable. Plus de 600 associations agréées activant dans différents domaines sont présentes dans la commune de Bounoura. Grâce à une mobilisation sans faille, les effets de la Covid n’ont pas eu un impact sur l’activité économique de la région. Des efforts gigantesques et coordonnés ont été déployés en temps opportun pour fournir un soutien aux habitants, en particulier aux artisans et commerçants contraints de fermer suite à l’adoption du confinement. Ces mesures ne protègent pas seulement les entreprises et les travailleurs contre les pertes immédiates d’emploi et de chiffre d’affaires, mais  préviennent aussi un enchaînement de chocs sur l’offre, qui aurait pu conduire à une récession économique prolongée.
Covid-19 : Sensibilisation à l’importance vitale de la vaccination
La société civile a joué un rôle important dans la réussite de la campagne de vaccination. D’ailleurs, le nombre de personnes immunisées contre la Covid a atteint les 45 à 50%. En attendant les élections APC et APW, Himeur estime que «les nouveaux élus politiques doivent privilégier deux objectifs immédiats, à savoir les mesures de protection sanitaire et le soutien économique, tant du côté de l’offre que de celui de la demande.»
Évoquant la campagne électorale, Himeur affirme que la logistique est mise en place en vue d’assurer aux candidats un environnement favorable, loin de tout dérapage éventuel. «Tout est mis en place pour faciliter la tâche aux candidats, à commencer par les salles des meetings, les 11 bureaux de vote, les isoloirs», affirme Himeur, qui reconnaît que la campagne a débuté timidement. Pour finir, Rachid Himeur s’est déclaré satisfait des efforts consentis dans l’objectif de changer le climat économique et industriel de la ville.
S.A.

Farid El Ayez, chef daïra : «Les revenus de Daya Ben Dahoua sont réduits»

La rareté de la pluviométrie au cours de ces trois dernières années a eu des incidences sur la production agricole de la daïra de Daya Ben Dahoua, dont l’économie est essentiellement basée sur l’agriculture. Une situation des plus rudes, qui a poussé les agriculteurs à une reconversion professionnelle, voire à la transhumance. La daïra, située à 10 km au nord-ouest de Ghardaïa, est classée parmi les communes pauvres, bien que limitrophe de Hassi R’mel, la commune qui englobe le plus grand gisement de gaz naturel du continent africain. Aperçu  à travers cet entretien accordé par le chef de daïra de Daya Ben Dahoua.
La  région est connue pour ses potentialités agricoles. Sa production en agrumes et légumes couvrait même la demande des wilayas limitrophes, comment le secteur se porte-t-il  avec la rareté de la pluviométrie?
La production, principalement des légumes et des fruits de saison, a beaucoup baissé ces dernières années en raison de la sécheresse. Ce type de culture nécessite beaucoup d’eau, une denrée devenue rare, en raison notamment des changements climatiques. Malgré l’investissement consenti par l’État pour le creusement des forages en question, il y a déficience des eaux d’irrigation. Les entraves du secteur ne sont pas minces. Une situation qui a contraint les agriculteurs à recourir à la transhumance. Toutefois, les dattiers tout comme les autres espèces palmiers résistent à la sécheresse. Toutefois, l’étendue des palmeraies n’est pas vraiment importante dans la commune.
L’eau des forages opérationnels n’est-elle plus suffisante pour assurer l’irrigation? Qu’en est-il de l’approvisionnement des habitants en eau potable?
La priorité est d’alimenter les habitants en eau potable. Avec les changements climatiques, il devient difficile de trouver de l’eau dans les puits. Il faut parfois creuser jusqu’à 90 m de profondeur, voire plus, pour trouver l’eau alors qu’avant, il suffisait de creuser jusqu’à une soixantaine de mètres seulement. Actuellement, il faut approfondir les recherches. Il va sans dire que cette entreprise est très coûteuse et dépasserait les 900 .000 DA. Pour le moment, la situation est stable. Des projets sont en cours pour la réhabilitation du château d’eau abandonné depuis 2012, d’une capacité de 1.500 m3. Deux forages sont en cours de réalisation afin de renforcer les capacités d’approvisionnement des habitations en eau potable.
Vous dites donc que les seuls revenus de la daïra proviennent de l’agriculture alors qu’elle est limitrophe à la commune de Hassi R’mel, où on trouve le plus grand gisement de gaz naturel du continent africain. Cette position géographique n’a-t-elle pas été profitable à la commune de Daya Ben Dahoua?
Il y a un paradoxe entre la prospérité industrielle et l’échec du développement urbain dans la région, malheureusement. Des usines de production qui sont implantées sur nos terres. Certes, ces usines ont légèrement aidé à résorber le taux de chômage, mais cela reste insuffisant et aucun impact financier n’est ressenti. Il y a une forte demande d’emplois sur les infrastructures pétrolières, une demande difficile à satisfaire. Le taux de chômage a augmenté, notamment depuis l’avènement de la crise sanitaire liée à la Covid-19, mais les jeunes de la région trouvent des embauches, étant donné que le modèle social ici est basé sur une forte solidarité.
Justement, le secteur économique a-t-il été lourdement impacté par la pandémie?
Bien évidemment. Plusieurs secteurs ont été touchés. Fort heureusement, la société civile s’est mobilisée pour faire face à la situation en menant des campagnes de sensibilisation et d’information. L’entraide a gagné face  à la Covid.
Après plusieurs reports, le projet de raccordement des habitations de Daya Ben Dahoua au réseau d’assainissement a-t-il été finalisé?
Un grand soulagement tant sur le plan urbanistique qu’environnemental. Un projet finalisé grâce aux efforts déployés par les pouvoirs publics. La prolifération des fosses perdues et sceptiques, estimées à plus d’un millier, ainsi que les débordements fréquents des eaux vannes et leurs insupportables relents altérant sérieusement l’atmosphère, menaçaient la santé des habitants et l’écosystème de la région. D’ailleurs, dès mon installation à la chefferie de la daïra, il y a trois ans de cela, les notables de la région sont venus me voir à dessein de finalisation du projet qui butait sur plusieurs contraintes. Aujourd’hui, le projet de raccordement est achevé à 90%. Une enveloppe financière importante a été accordée,dans ce cadre.  Bien que les travaux de finalisation soient en cours, il faut attendre 2022 pour connaître le règlement définitif de ce problème.
Propos recueillis par Samira A.