Brahim Guendouzi, consultant et professeur d’économie : «Développer les exportations»

La mise en place de zones franches est surtout conçue comme un «outil» de développement des exportations et d’attraction pour les investisseurs. Brahim Guendouzi, consultant et économiste, évoque, dans cet entretien, les avantages que celles-ci recèlent.

Que peut être l’apport d’une zone franche pour l’économie d’un pays ?
Une zone franche est surtout une structure intéressante pour les pays qui souhaitent développer leurs exportations. Il s’agit concrètement parlant d’une portion du territoire national qui bénéficie de l’exterritorialité. Cela signifie que les activités qui s’y déroulent sont similaires à des activités qui ont lieu à l’étranger. Elles sont exonérées des droits et taxes, ne sont pas soumises au contrôle de change et aux procédures douanières, et les transactions peuvent s’effectuer en monnaies étrangères. Ces facilités sont octroyées aux opérateurs économiques qui souhaitent exercer des activités sur ces territoires. Il y a des nuances toutefois. La zone franche peut se limiter au stockage ou à l’exportation. Il faut donc pour chaque pays se fixer des objectifs clairs, assouplir la réglementation et lancer un processus de communication pour convaincre les investisseurs de venir. L’Algérie a l’avantage de disposer d’une énergie bon marché, et la proximité des ports européens et sa situation de porte d’entrée vers à l’Afrique sont de véritables atouts.
Existe-t-il des zones franches dans notre pays ?
On avait la zone franche de Bellara, à Jijel, qui était régie par un texte de loi fait dans les années 1990. Mais celui-ci a été abrogé dans les années 2000 et, par conséquent, Bellara a cessé d’être une zone franche.
 Est-il utile pour l’Algérie de mettre en place des zones franches ?
La zone franche peut être un instrument de promotion des exportations hors hydrocarbures pour les entreprises algériennes qui peuvent mettre leurs marchandises en zone franche. Elle peut se révéler être aussi un instrument pour attirer des investisseurs étrangers intéressés par telle ou telle activité dans la zone franche. C’est le cas en Egypte. Des investisseurs étrangers à Port-Saïd travaillent en devises et leur production est destinée à l’exportation. Un étranger qui s’installe dans une zone franche, ce n’est pas pour vendre ses produits, mais c’est pour exporter. Cela peut également concerner des entreprises nationales. En tout cas, des pays comme l’Egypte, la Turquie, la Tunisie, le Maroc et le Mexique ont su tirer profit et rentabiliser ces espaces.
Propos recueillis par Fatma-Zohra Hakem