Brigade mobile de la police judiciaire : Efficacité

En ce 23e jour du mois de Ramadhan, la rupture du jeûne se fait avec la BMPJ (brigade mobile de la police judiciaire) de Debih Cherif de la sûreté de la daïra de Sidi M’hamed (Alger).

Il est 19h.Embarquement pour une virée  avec les éléments de la brigade de Debih Cherif. Dans le 4X4, l’officier de police El Hadi Harik parle du travail que son équipe et lui-même assurent au quotidien :«Nous organisons des patrouilles journalières, et ce, depuis le premier jour de Ramadhan. Nous sillonnons plusieurs artères de la capitale comme la Grande Poste, la rue Abdelkrim Khettabi, Larbi Ben M’hidi, le boulevard Krim Belkacem, le Palais du gouvernement, le boulevard Mohamed V et Debussy. Nos quinze éléments sont dispatchés sur cinq véhicules dont deux véhicules qui sécurisent le Palais du gouvernement. Deux autres patrouillent tous les secteurs et un mobile pour la recherche.»
Hadi et son équipe commencent le travail à 16h et finissent à 2h. Ils traquent les vendeurs informels qui squattent les trottoirs notamment à l’approche des fêtes de l’Aïd El Fitr. Ils  interviennent en cas d’altercation, procèdent à l’arrestation d’individus recherchés. Selon El Hadi Harik, le bilan des interventions fait ressortir une nette amélioration de la situation, comparativement au mois de Ramadhan de l’année dernière, sauf pour la consommation et la détention de drogues, « des délit en hausse », dit-il.
83 affaires traitées depuis le début de Ramadhan
Pour Abdallah Kastali, lieutenant de police à la BMPJ de Sidi M’hamed, quatre vingt-trois affaires ont été traitées depuis le début du mois de Ramadhan dont soixante concernent les stupéfiants. Juste avant de rompre le jeûne, l’équipe d’El Hadi Harik patrouille encore une dernière fois, histoire de mieux cerner encore la situation sécuritaire. C’est ainsi que les éléments de la police judiciaire ont procédé, avant l’iftar, à l’arrestation de trois individus dont deux pour consommation de drogue dure et de cannabis.
Après une journée de jeûne, les éléments de la BMPJ passent au ftour autour d’une table bien garnie : chorba, hors d’œuvre, bourek, brik, poulet farci accompagné de frites de pommes de terre, l’hamlahlou (plat sucré), et boissons sucrées. Il faut dire que l’appétit n’est pas au rendez-vous. C’est connu, lorsqu’on entame un repas, on titille juste la faim sans plus. Car c’est  plutôt la sensation permanente de soif qui s’impose. Un verre d’eau ou de limonade suffit pour se désaltérer. Une fois le repas terminé, les policiers sortent fumer quelques cigarettes et siroter un café. «C’est sacré !», confie un officier.
Arrestation d’un jeune en détention de drogue et d’une arme
Voici de nouveau l’équipe de l’officier de police El Hadi Harik en patrouille. Elle procède à l’arrestation d’un jeune étudiant à l’avenue Mustapha Sayed El Ouali. La vingtaine, le jeune homme réside au quartier Sacré Cœur, sur les hauteurs d’Alger-centre. Il est arrêté pour détention de cannabis, de psychotropes, d’une arme blanche et délit de fuite. Le jeune enfourche sa moto et refuse d’obtempérer mais les éléments de la police ont réussi à l’arrêter. Un élément de la police est blessé à la main mais sans gravité. «Nous sommes habitués à ce genre d’interventions», témoigne un policier. Un PV d’arrestation est établi et signé par un officier de police. Ensuite, un PV d’audition est effectué avec le détenu. Il sera remis à la police scientifique pour vérifier aussi s’il est recherché au niveau du fichier de la sûreté de la wilaya d’Alger. Les éléments de la police judiciaire accompagnent le jeune chez le médecin légiste au CHU Mustapha Pacha pour une visite médicale. Pour sa part,  l’officier de police El Hadi Harik informe le procureur de la République du parquet de Sidi M’hamed.
L’officier ne se déplace jamais sans son  talkie-walkie. D’ailleurs il vient d’apprendre sur sa radio une information qui concerne un enfant égaré retrouvé à Boumerdès. Il s’agit d’un garçon âgé de 7 ans prénommé Adem. Il était habillé d’un survêtement noir. Cette plainte est enregistrée au niveau de la sûreté urbaine, apprend-on. Par ailleurs, au cours de cette ronde, une autre patrouille est effectuée à la rue Hachemi Ourabah (ex-rue Blaise Pascal) sur le boulevard Krim Belkacem. Vérification de papiers, fouille corporelle d’un jeune connu des services de la police judiciaire. «Il est signalé pour plusieurs affaires de consommation de drogue. Mais cette fois-ci, rien !», déclare Hadi Harik.
Sécuriser les lieux publics
Au cours de cette même virée nocturne, les éléments de la BMPJ rencontrent leurs confrères de la brigade pédestre, dans le cadre d’un plan sécuritaire préventif. Plusieurs agents sont mobilisés soutenus avec tous les moyens matériels et techniques, en vue de sécuriser les lieux et assurer la fluidité de la circulation routière. Les formations sécuritaires mobilisées s’attellent à garantir la couverture sécuritaire à travers tout le territoire de compétence, notamment au niveau des mosquées, places publiques, lieux de loisirs et des gares de transport des voyageurs, routières, ferroviaires et de tramway, qui enregistrent une forte affluence en cette période. Le déploiement de ces éléments de police vise à assurer la sécurité de ces sites. «Je me sens en sécurité en présence des éléments de la police. C’est rassurant !», témoigne une dame qui fait ses emplettes. De même, un restaurateur exprime son soulagement de voir la présence régulière des forces de l’ordre. «On travaille tranquillement dans un environnement sécurisé.»
Reportage de Samira Sidhoum