Campagne de vaccination : Etablir une stratégie de communication

En Algérie, seulement 10% de la population ciblée a été vaccinée. Dans ce sens, des ressources humaines et matérielles ont été déployées pour atteindre l’objectif assigné par le gouvernement.

La vaccination étant le moyen efficace pour contrer la propagation de la Covid-19 surtout après l’apparition du nouveau variant Omicron, la réticence est un véritable frein pour arriver à l’immunité collective. Selon le bilan de vaccination publié par l’OMS au 30 novembre dernier concernant notre pays, 6.875.003 personnes ont reçu la première dose, pour la vaccination complète 5.391.232 individus et 25.381 ont eu une 3e dose. «La campagne traîne et nos concitoyens ne semblent pas s’inquiéter de la situation. C’est une problématique qu’il est urgent de solutionner, en mettant en place une stratégie de communication axée sur l’information du large public sur la question. Le ministère de la Santé n’est pas le seul responsable de ce travail. Nous sommes tous responsables», a estimé le Dr Melhag. Et de poursuivre : «Convaincre les citoyens de l’utilité de la vaccination exige un savoir et des arguments pour dissiper leur crainte. Le protocole sanitaire et les mesures de prévention doivent être accompagnés de vaccination.»
Dans ce sillage, le Dr Boudjelal a fait savoir que le changement de la marque de vaccin est une meilleure démarche. «Les personnes qui sont vaccinées par exemple avec Sinovac peuvent pour la 3e dose prendre une dose d’AstraZeneca. Cela booste l’immunité et renforce la résistance du corps», a-t-il soutenu.
Traitement : A la recherche d’une nouvelle version
Pour démontrer l’efficacité des vaccins contre le nouveau variant omicron, des tests de laboratoires sont à faire absolument avant de se prononcer. «L’OMS temporise pour confirmer ou infirmer la probabilité qu’Omicron échappe bel et bien aux anticorps développés par les vaccins. Plusieurs groupes pharmaceutiques, à l’instar de Moderna et Pfizer-BioNtech, ont entamé des tests pour l’adaptation de leurs produits aux spécificités d’Omicron», fait savoir le Dr Boudjelal.
De son côté, le Dr Melhag juge que les recherches déjà faites ne sont pas suffisantes. «Les études effectuées doivent être revues et relues par d’autres experts, et doivent toucher un bon nombre de personnes. De fait, pour l’instant, en ce qui concerne notre pays, c’est le variant Delta qui est prédominant.»
Interrogé sur l’efficacité du vaccin «Coronavac» produit par Saidal en partenariat avec le chinois Sinovac, le virologue préconise l’option de développer la recherche au niveau national et permettre à des compétences d’émerger et de les impliquer dans cette démarche. «La maison mère qui est Sinovac, comme tous les autres groupes pharmaceutiques internationaux, devrait, elle aussi, revoir la composition de son produit et l’adapter au nouveau variant. Par conséquent, Saidal est appelé à faire de même en collaboration avec les Chinois. Il ne faut plus rester à la marge et se satisfaire du conditionnement et de l’emballage. Il est impératif de mettre l’accent sur le développement et la recherche pour réaliser une certaine indépendance en matière de vaccins et de médicaments», estime le Dr Melhag. En attendant d’autres données sur le nouveau variant, les producteurs de vaccins sont appelés àrevoir leur copie pour le bien de tous.
K. D.