Campagne moisson-battage à Djelfa : Prometteuse

Chose promise, chose due. C’est la devise de l’équipe de Horizons, laquelle poursuit ses périples à travers les wilayas. De Berrouaghia, lors de la campagne labours-semailles en novembre dernier, à Messaâd au sud de Djelfa, en mars, pour s’enquérir du blé en phase de tallage. Rendez-vous en ce mois de juin, à Birine, au nord de Djelfa, pour assister à la campagne moisson-battage à son point culminant. Les volontés bravent les difficultés. Les épis pleins s’inclinent et les têtes hautes de fierté.
La campagne moisson-battage se poursuit à Djelfa avec des prévisions très satisfaisantes en matière de quantité et de qualité. La production attendue cette année est estimée à 765.000 quintaux, dont 260.000 de collecte. Ainsi, plusieurs mesures ont été mises en place pour couvrir l’opération de collecte. Quant aux structures de stockage, elles s’érigent en talon d’Achille.
«Le coup d’envoi de la campagne moisson-battage a été donné le 1er juin dernier depuis Hassi Bahbah, par le wali de Djelfa. Nous souhaitons que cette année soit prometteuse. Pour ce qui est de la superficie globale en irrigué réservée à la céréaliculture, elle est estimée à 25.200 hectares», affirme Ahmed Laayachi, chef du service de l’organisation de la production et de l’appui technique au niveau de la Direction des services agricoles de Djelfa.
La culture des orges se taille la part du lion avec une surface de 14.600 ha, suivie de celle du blé dur (9.155 ha) puis l’avoine (1.000 ha), et en dernier lieu le blé tendre avec 420 ha, détaille Laayachi. Selon ce dernier, cette répartition se justifie par la vocation agricole de la wilaya, laquelle s’adosse, essentiellement, sur l’élevage ovin.
Des mesures pour la collecte
Quant aux prévisions de la production céréalière, elles sont aux alentours de 765.000q, dont 260.000 seront destinés à la collecte au niveau de la Coopérative des céréales et des légumes secs (CCLS), fait-il savoir. «Selon le bilan arrêté au 11 juin 2022, la quantité de céréales collectée est à hauteur de 47.200 q, soit plus de 20% des estimations de la campagne en la matière», précise Laayachi.
Concernant les zones potentielles de la région, elles se trouvent au nord de la wilaya, notamment à Birine, Had Sahari et Sidi Ladjel. La zone sud, elle, compte sur les exploitations céréalières de Daldoul dans la daïra de Messaad, poursuit-il. Par ailleurs, les services agricoles locaux font état d’une moyenne de rendement de 38 q/ha pour la culture du blé dur, 35 q/ha pour le blé tendre et 28 q/ha pour les orges. Cependant, des rendements optimums ont été réalisés à même d’avoisiner les 48 q/ha en termes d’orge à Daldoul. Aussi, des rendements de pointe, dépassant les 60 q/ha en blé dur, ont été enregistrés à Had Sahari et à Birine, précise-t-il.
«Les céréaliculteurs qui ont pu atteindre ces seuils sont ceux qui ont suivi, scrupuleusement, l’itinéraire technique en matière d’engrais et d’irrigation, d’autant plus que Djelfa se trouve dans une zone semi-aride», explique-t-il. Le responsable du service de l’organisation de la production estime que ce rendement pourrait être amélioré à travers l’intensification des sorties de vulgarisation et d’accompagnement technique au profit des agriculteurs.
En attendant le dock-silo de Hassi Bahbah
En vue d’augmenter la capacité de collecte, les services agricoles ont ouvert un nouveau point de collecte à Aïn Oussara. Il s’agit, détaille le responsable, de la réquisition d’un hangar s’étendant sur une superficie de 500.000m2. Quant aux structures de stockage, elles s’avèrent encore insuffisantes, tant la production céréalière dans la wilaya affiche, ces dernières années, une courbe ascendante. «Le problème de stockage se pose toujours. Car la production s’améliore grandement. Cette année on en est à 260 000 q de collecte, alors que l’année dernière, nous en étions à 214.000 q. Sachant que la capacité de stockage au niveau des silos de la CCLS est limitée à 150.000 q et l’espace libre réservé au blé dur ne dépasse pas 90.000 q», complète-t-il. Et pour parer aux carences de stockage, les silos du groupe public Agrodiv, d’une capacité de 160.000 q, ont été réquisitionnés, outre les silos appartenant à un opérateur privé, dont la capacité atteint  les 50.000 q, ajoute Laayachi. Mis à part ces mesures provisoires, la wilaya de Djelfa tend à une solution définitive, à travers le projet de réalisation d’un dock-silo dont les travaux sont à l’arrêt depuis des années. Le projet en question, d’une capacité de stockage de 200.000 q, est prévu à Hassi Bahbah. Vu son importance, les services agricoles soulignent l’impératif de relancer le dit projet. Pour rappel, la wilaya de Djelfa compte près de 2.500 céréaliculteurs recensés sur la plateforme du ministère de l’Agriculture, avec des superficies qui varient entre 1 hectare et 200 ha.
Une vision à long terme
Alors que le monde  entier assiste à un remodelage profond des rapports de forces autour des enjeux très stratégique, dont la sécurité alimentaire et hydrique,  l’Algérie, semble, d’ores et déjà, avoir fixé ses objectifs. Ainsi, l’Etat est décidé à prendre, à bras le corps, la problématique de la sécurité alimentaire. Le cap est frontalement mis sur l’agriculture, essentiellement la céréaliculture. Des mesures incitatives ont été mises en place en vue de relancer une filière très stratégique dans la politique globale tracée en la matière. Les chiffres officiels font état d’une surface globale de 2,6 millions d’hectares consacrée à la céréaliculture, tous types confondus, avec une valeur de production estimée à 111,6 milliards de dinars.
 Aujourd’hui, la filière prend progressivement forme, notamment dans les zones des hauts-plateaux. Djelfa se trouve au cœur de la nouvelle stratégie et semble résolument tournée vers un avenir agricole par excellence. Grâce à ses agriculteurs, cette wilaya accède aux objectifs escomptés. Elle poursuit donc de placer la barre haut, en comptant élargir ses superficies irriguées estimées, actuellement,  à 25 200 hectares. Autorités locales et agriculteurs sont convaincus que l’agriculture pluviale, est une pratique « caduque », qui ne répond plus aux challenges relevés. Une vision qui se confirme à travers les résultats obtenus lors de la campagne moisson-battage 2022. C’est d’ailleurs ce que dévoile ce reportage réalisé par l’équipe d’Horizons dans le cadre de l’accompagnent médiatique des divers secteurs. Différents acteurs ont été rencontrés à Djelfa. Ils affirment que la filière émergente nécessite davantage d’efforts et promettent que le pays peut compter sur les bras de ses agriculteurs.
De nos envoyés spéciaux : Aziza Mehdid et Fouad Soufli