Campagnes de boycott des produits alimentaires : Les internautes à l’œuvre

Les associations de protection des consommateurs et les internautes mènent une campagne de boycott sans précédent sur les réseaux sociaux, exploitant ce canal de communication très suivi par les consommateurs. Des postes et des vidéos dénoncent la flambée des prix qui ne répond à aucune règle commerciale. La banane, la pomme de terre, la semoule, l’huile de table, les œufs sont parmi les produits dont les prix ont augmenté ces derniers jours.

«Laissez pourrir», «Laissez germer»,  accompagnés de photos et vidéos des produits ciblés, sont, entre autres, les slogans partagés par des milliers d’internautes qui n’hésitent pas à afficher les prix réglementaires en se basant sur les données du marché national et international. En parfaits économistes, ces influenceurs renseignent le public sur les vrais prix qui devraient être appliqués. Selon ces postes, la banane serait vendue sans l’intervention des spéculateurs à 150 DA.
Dans les commentaires, les associations et les consommateurs qui activent sur les réseaux sociaux démontrent l’impact que constitue ce genre de campagnes de sensibilisation sur la régulation du marché. «Il ne faut plus compter sur les autorités», «le consommateur a son mot à dire dans cette folie des commerçants et intermédiaires», «prendre les choses en main en leur laissant leur marchandise sur les bras», «la société civile, une force de frappe contre des spéculateurs sans principes»… sont les commentaires qui accompagnent les postes. D’autre part, il s’agit de convaincre les consommateurs de ne pas acheter ces produits en donnant des arguments solides. «Nous ne risquons pas la famine si nous ne mangeons pas de la banane», lit-on sur le compte de l’Association de protection des consommateurs de la wilaya de Tipasa.
Par ailleurs, ces internautes affichent le prix de la semoule qui ne devrait pas dépasser les 800 à 1.000 DA le sac de 25 kg et selon la qualité. «Plus que 1.000 DA, c’est du vol», écrit un membre du collectif «Protégeons-nous».  Selon ces facebookeurs, le consommateur a son rôle à jouer dans les activités commerciales. Il a les moyens de faire baisser les prix en arrêtant l’achat de certains produits sous le monopole de certains barons. «Il faut agir», la phrase qui revient à chaque fois sur le net s’agissant du marché des produits de large consommation.
Karima Dehiles