«Cayenne, l’enfer du bagne» projeté à la salle Ibn-Khaldoun : L’histoire tragique des déportés algériens

Le reportage raconte une histoire tragique des Algériens exilés et déportés à Cayenne en Guyane. Entre 15.000 à 20.000 Algériens déportés vers les camps de bagne entre 1852 et 1938, indique le réalisateur Saïd Oulmi, en marge de la projection en avant-première du film-documentaire «Cayenne, l’enfer du bagne», à la salle Ibn-Khaldoun, à Alger, en présence du ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, Laïd Rebiga, de Soraya Mouloudji, ministre de la Culture et des Arts, et du conseiller du président de la République chargé de la culture et de l’audiovisuel, Ahmed Rachedi.
Selon le réalisateur, le film-documentaire se base sur des documents d’archives et des témoignages poignants rassemblés par des chercheurs en histoire dont certains se sont déplacés sur les lieux pour découvrir le calvaire vécu par nos compatriotes. «Le film rapporte la vie quotidienne, depuis leur embarcation sur un bateau français qui partait vers la Guyane deux fois par an, jusqu’à leur libération, puisque la loi du 30 mai 1854 exigeait des déportés qu’ils restent sur place pendant la durée qui leur a été arrêtée, soit dix années (renouvelable), ou à perpétuité», explique Saïd Oulmi. Et d’ajouter : «nous avons voulu mettre en exergue de manière académique cette part de notre histoire et de notre mémoire, car ces exilés algériens sont morts en silence, loin de leur pays natal».
Le ministre des Moudjahidine et des Ayants droi ta fait savoir, en marge de la projection, que cette avant-première s’inscrit dans le cadre d’une longue série de documentaires qui racontent l’histoire des exilés et déportés algériens en Guyane et en Amérique Latine. «Ce documentaire est venu révéler le calvaire des exilés algériens, survenu lors des pratiques répressives opérées par le colonisateur pour contrecarrer les offensives de la résistance populaire algérienne», précise le ministre. Selon lui, le colonisateur français a opté pour l’exil des Algériens et a pratiqué la politique de la terre brûlée. «C’est à partir de là que le commentaire prend racine. A travers la souffrance des Algériens qui ont été forcés de quitter leur pays natal. Un film-documentaire qui commémore ces Algériens à l’occasion du 60e anniversaire du recouvrement de la souveraineté nationale et le 68e anniversaire du déclenchement de la glorieuse Guerre de libération nationale, le 1er Novembre 1954», a-t-il poursuivi.
Walid Souahi