Centre anticancer de Blida : Les séances de radiothérapie en dents de scie

Les séances de radiothérapie au centre anticancer(CAC) de Blida connaissent une perturbation à cause de l’accélérateur nucléaire tombé en panne depuis plusieurs mois. Sur les trois accélérateurs que compte le CAC, un est en panne.Cette situation a provoqué une perturbation au niveau de la programmation des rendez-vous des malades qui doivent suivre des séances de radiothérapie sans interruption.

La programmation des rendez-vous d’un malade dépasse parfois un mois et demi, voire plus, ce qui contraint certains d’aller se traiter chez le privé. Selon Tabèche, directeur du CAC de Blida, le service ne programme que les rendez-vous des malades ayant déjà entamé des séances au niveau du CAC. Par contre, les nouveaux malades sont orientés vers d’autres centres qui connaissent moins de tension. «Nous devons continuer à prendre en charge les malades qui ont entamé le traitement de radiothérapie, car ils ne peuvent pas être traités ailleurs, c’est une question de calcul que le malade a déjà effectué dans notre centre et entamé les séances de radiothérapie», explique le directeur. Mais tout porte à croire que la réparation de la machine en panne n’est pas pour demain, et les malades prennent leur mal en patience.
La réparation de l’accélérateur par le fournisseur s’est heurtée sur un problème juridique, puisque la société qui a importé le matériel pour plusieurs CAC est une société mixte, dont le groupe Haddad détient 51% et son patron, Ali Hadad, en prison, devra comparaître devant la justice pour cette affaire scabreuse, surtout que les experts en la matière auraient émis des réserves sur la fiabilité du matériel importé. D’ailleurs, le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, a bien précisé que ce problème ne pourra être résolu qu’après la comparution d’Ali Haddad devant la justice. Pour le Dr Mustapha Moussaoui, président de l’association des malades atteints du cancer El Badr, «le problème de la disponibilité des médicaments est certes récurrent, mais celui de la radiothérapie est plus grave».
Il explique que la plupart des malades qui sont pris en charge par son association arrivent quand même à faire des séances de radiothérapie sans aucun retard. «Il se peut qu’il y ait une machine en panne, mais pas le service en lui-même», fait remarquer le Dr Moussaoui qui s’interroge sur les pannes répétitives dans les hôpitaux publics,alors que dans le privé, elles sont rares. Pour ce qui est de la pénurie de médicaments, il précise que c’est plutôt un problème qui touche tous les pays du monde. Pour lui, la pandémie de la Covid-19 a perturbé le marché international, et il faudra du temps pour que l’économie mondiale retrouve sa cadence habituelle.
M. Benkeddada