Centre de transfusion sanguine de Tizi Ouzou : Une moyenne de 40.000 poches par an

A l’occasion de la célébration de la Journée mondiale des donneurs de sang, placée cette année sous le slogan «Donner son sang :
un acte de solidarité, rejoignez le mouvement et sauver des vies», le Centre de transfusion sanguine (CTS) du CHU Nedir-Mohamed de Tizi Ouzou a organisé une opération de collecte de sang au centre-ville.

Il est à peine 9h30 et la salle d’attente du CTS regorge de monde. Donneurs familiaux ou réguliers, ils sont tous là pour apporter leur aide aux malades. Que ce soit dans la salle d’attente ou dans la cour, la présence masculine est remarquable dont la majorité sont des jeunes. Rencontrée à la sortie du centre, Lilia, 30 ans, raconte son histoire avec le don de sang lorsque son père est tombé malade. «Il avait besoin d’être transfusé en urgence mais comme son rhésus est négatif et les dons très rares, on avait trouvé beaucoup de difficultés pour lui en procurer.
C’est à partir de là que j’ai décidé de donner mon sang régulièrement», a-t-elle confié. Kamel, 37 ans, consacre tous les trois mois une heure de son temps pour faire don de ce produit vital. Avant de quitter les lieux, un agent invite les donneurs à se diriger vers une autre salle pour une collation et se reposer. Tout comme Lilia et Kamel, ils sont des milliers à faire don de leur sang dans la wilaya de Tizi Ouzou. Ce que confirme le directeur du CTS, Farès Kaced. «Tizi Ouzou est leader national en termes du nombre de dons.»

L’apport des comités de quartier et de village
Le CTS de Tizi Ouzou est classé pour la quatrième année consécutive premier à l’échelle nationale avec une moyenne de 40.000 poches collectées chaque année, soutient-il. Selon lui, les comités de quartier, de village et les associations sont d’un grand apport dans la réussite des programmes de collecte. La coordinatrice du CTS, Mme Tougoudji, a rappelé que le don de sang est un geste éminemment humain. «Celui qui est en bonne santé ne doit pas hésiter à apporter secours à une personne en détresse», insiste-t-elle.A l’approche de la saison estivale où le nombre d’accidents augmente ainsi que les accouchements à risque, les bénévoles sont appelés à se présenter au CTS afin d’éviter les situationsde pénurie.
Interrogé sur l’idée de rémunération des donneurs dons de sang comme c’est le cas dans certains pays, Dr Arezki, médecin chef au CTS, rejette catégoriquement cette éventualité. «À partir du moment où on est payé, ce n’est plus un don. Il faut savoir aussi que la loi algérienne et même internationale interdit la marchandisation des organes humains», rappelle le praticien. Toutefois, il a plaidé pour la mise en place de moyens nécessaires afin d’augmenter le nombre de préparation et livraison de concentré unitaire de plaquettes (CUP) largement utilisé dans le traitement des cancers leucémiques. L’objectif du CTS de Tizi Ouzou est d’arriver à 1.000 CUP par an au lieu de 400 actuellement. «Pour ce faire, nous avons aussi besoin de plus de kits pour atteindre cet objectif.
Avec l’acquisition d’appareils d’aphérèse, un donneur produit un CUP qui est l’équivalent de 20 donneurs», a-t-il expliqué. Et d’ajouter : «au niveau de notre wilaya, nous n’avons jamais été confrontés à des situations de pénurie, notre réservoir de bénévoles est très important mais il faut sortir de la culture du don familial ou du don de contrepartie», a-t-il estimé.
Dr Arezki veut même aller vers l’interdiction des dons familiaux comme cela se fait dans plusieurs pays. Pour lui, les autorités sanitaires doivent revoir la politique du don de sang.
Samira Belabed