Centre universitaire Morsli Abdellah de Tipasa : Une ambition et des atouts 

Lors de sa récente visite à Tipasa, Kamel Baddari, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a révélé qu’il y a une forte probabilité que le centre universitaire Morsli Abdellah de Tipasa soit hissé au rang d’université dès la rentrée 2023-2024.
Une promotion que l’encadrement administratif, les enseignants et les étudiants espèrent compte tenu des avantages qu’offre ce statut en termes de gestion, sur le plan pédagogique et de la recherche ainsi qu’en matière d’ouvertures de perspectives et de visibilité. Seulement, cette promotion obéit à des démarches et un barème de conditions que le centre universitaire en question doit accomplir et satisfaire. Qu’en est-il dans les faits ?
À cette question Mohamed Younsi, directeur du centre universitaire Morsli Abdellah affirme que son établissement a déjà formulé un dossier en ce sens au ministère de tutelle et les procédures suivent leur cours normal. «Nous avons l’immense honneur que Morsli Abdellah soit classé premier l’année dernière parmi les 9 centres universitaires à l’échelle nationale. Ce classement est pour nous une valeur ajoutée qui dénote le travail accompli et l’abnégation dont ont fait montre nos enseignants et notre administration pour que les conditions et l’environnement de travail au sein de notre établissement soient propices pour que nos étudiants puissent avoir un cursus de qualité» souligne Mohamed Younsi. Le centre universitaire accueille près de 20.000 étudiants tous paliers confondus, encadrés notamment par 500 enseignants permanents, sans compter les enseignants vacataires.
75% des enseignants ont le statut de docteur
Sur l’ensemble du corps d’enseignants permanents, 75% ont le statut de docteur avec le statut de maître de conférence (A et B) et professeur. «Nous disposons de 63 spécialités réparties sur six grands domaines, à savoir les sciences humaines et sociales, sciences de l’économie et gestion, lettres et langue arabe, sciences et technologie et sciences de la nature et de la vie» énumère le même interlocuteur. Et d’ajouter : «Concernant les nouvelles spécialités introduites au début de cette année universitaire, on peut citer des formations en master en génie de l’environnement, biologie des sciences marines, protection des végétaux, microbiologie appliquée, protection des écosystèmes ainsi que d’autres spécialités en licence». S’agissant des travaux universitaires et de la recherche scientifique, le même responsable fera savoir que le centre universitaire dispose de dix laboratoires de recherche, compte 200 publications dans des revues scientifiques indexées ainsi qu’un brevet d’invention. «Outre ces performances, notre centre universitaire édite deux revues scientifiques classées C depuis l’année dernière et nous travaillons pour que nos deux publications soient promues» projette-t-il.
Pour ce qui est de la promotion de l’esprit entrepreneurial chez les étudiants et l’encouragement des projets innovants, Mohamed Younsi révèle que son établissement accueille depuis l’année dernière un incubateur de start-up qui s’ajoute à la maison d’entrepreneuriat. Une démarche qui, selon lui, s’inscrit en droite ligne avec les missions assignées à l’université de devenir une locomotive du développement économique que ce soit au niveau local ou national. «Dernièrement, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et le ministre de l’Economie de la Connaissance, des Start-up et de la Micro-entreprise ont inauguré, au niveau de notre centre universitaire, le premier complexe de startup à l’échelle nationale qui dispose de 250 bureaux répartis sur deux blocs» rappelle-t-il.
Toujours dans le cadre sous-tendant l’arrimage de l’université à la sphère socioéconomique, particulièrement au niveau de Tipasa, le responsable en question souligne que le centre Morsli-Abdellah dispense des cursus dans des spécialités en adéquation avec les vocations premières de la wilaya, à savoir le tourisme et l’agriculture. «Outre la spécialité de l’économie touristique, nous en dispensons d’autres dans la filière de l’agronomie et en archéologie et histoire. Parmi nos  soucis majeurs, celui de fournir le marché de travail local d’un potentiel de compétences à même de booster davantage l’essor des créneaux économiques des vocations de Tipasa. Idem notamment pour l’industrie» prévoit-il.
Amirouche Lebbal