Ces femmes-là

Saliha Aouès 

Les femmes, c’est indiscutable, ont été, elles aussi, aux premières loges de la lutte contre le colonialisme. Des noms, des dates, des âges sont mis en relief quant à leur donation à la révolution. La liste est longue entre martyres et moudjahidate. Une très belle «brochette» de jeunes femmes qui ont forcé et forcent encore l’admiration des générations qui leur ont succédé d’entre les femmes et hommes de ce pays. Les jeunes par la force de l’histoire en connaissent quelques-unes et les citent en exemple des sacrifices offerts à la patrie mère, dans leur donation de soi, leur lutte, leur quête d’indépendance et de liberté. Il y a des rues et des établissements, aux quatre coins de l’Algérie, qu’on a gratifié de leur nom. Reconnaissance et glorification. Pour mémoire, contre l’oubli. Leurs portraits habillent à la postérité les murs des musées des moudjahidine, des écoles, des bibliothèques. Des visages jeunes, angéliques pourtant aux traits déterminés, engagés. Des femmes qui ont joué un rôle des plus importants dans les maquis, dans les transmissions, les villes et en rase campagne. Etudiantes, illettrées, femmes travailleuses, au foyer, elles se sont mises spontanément aux côtés des combattants hommes, au labeur, pour unir leurs forces aux leurs et contrecarrer les complots et autre répression du colonialisme dans toute son atrocité et son abjection. Elles ont porté les armes et ont combattu sans l’ombre d’une hésitation. La mort étant leur compagnon. Il y en a qui ont donné leur vie pour que vive ce pays. D’autres ont été emprisonnées, torturées, violentées, jugées et condamnées à mort. De derrière les barreaux, Zhor Zerrari a écrit «Poèmes de prison», car la lutte ne saurait prendre de répit. Djamila Boupacha, Djamila Bouhired, Hassiba Ben Bouali, Zohra Drif, Louisette Ighilahriz, Baya Hocine…. Pour ne citer que ces femmes à l’aura certaine. Et il y a aussi ces autres femmes qui ont lutté dans l’anonymat. Des moussabilate qui ont apporté leur pierre à l’édifice dans l’ombre. Ces femmes sont montées au maquis, ont nourri et soigné les moudjahidine, ont porté des armes et des tracts, ont placé des bombes dans des lieux divers. Celles des campagnes ont aidé à cacher dans des refuges les combattants de la liberté. La Révolution de novembre n’a fait que renforcer leurs convictions et raffermir leur engagement. Elles ont porté aux moudhjahidine embusqués dans les campagnes de la galette et des habits. Des femmes témoignent avoir endossé plusieurs tricots en hiver pour pouvoir passer inaperçues… des femmes anonymes qui ont aussi donné de la voix à la révolution, par les chants patriotiques, les poèmes… la culture orale dans toute sa mobilisation.
 S. A.