Chemsou Belarbi : Un artiste accompli

Chamseddine Belarbi est affichiste et portraitiste. Il est avant tout un artiste dans l’âme. Né un 14 février 1987 dans la commune d’Ain Tédlès, à Mostaganem, il fut pris d’une passion pour le dessin et les arts dès son jeune âge et se découvre une vocation dans ce qui deviendra par la suite son gagne-pain.

A 5 ans, alors qu’il aidait feu son oncle berger à garder son troupeau, Chemseddine se découvrait une passion. Il était attiré par les vieux exemplaires de journaux dans lesquels il trouvait des photos de stars de cinéma et portraits illustrés qu’il essayait de reproduire, à sa manière, sur le sable, à la craie ou tout autre moyen à sa disposition. L’année suivante, à l’école, il se voue au dessin plutôt qu’aux sciences. Son talent fut vite remarqué par ses instituteurs qui n’hésitent pas à l’encourager dans sa vocation. Chemseddine emmagasine, dès lors, des centaines de dessins qu’il avait réalisées. À l’adolescence, il quitte l’école pour subvenir aux besoins de sa famille, modeste, et de s’adonner pleinement à son art. Il y prête son pinceau pour divers travaux de peinture et de décoration. «On dit qu’on ne peut vivre de son art. C’est en partie vrai. J’ai été trompé par certains où je ne recevais pas de salaire, alors que j’avais travaillé pendant des heures sous un soleil de plomb», se confie-t-il. Il s’offusque que des personnes aussi peu scrupuleuses abusent de jeunes artistes qui ne cherchent qu’à s’épanouir. «D’autres, par contre, m’ont prêté main-forte et m’ont encouragé. C’est ce qui m’a permis de persévérer et d’arriver là où j’en suis», a-t-il poursuivi.
Au fil du temps, le jeune artiste, qui admirait les affiches de cinéma accrochées sur son passage tentait de les reproduire. De retour chez lui, il dessine, dans cette même pièce qui sert de salon et de cuisine pour la famille. Face à sa mère, couturière, qui travaillait dans un coin de la pièce, il entassa ses dessins dans l’autre angle de la chambre. Un jour, alors que le toit fuitait, l’eau s’infiltra et ruina toutes ses œuvres.
Le dessinateur aux traits affûtés n’en démord pas. Il persévère et bientôt lui vient l’idée de sortir de cette misère. Il envoie ses fameuses affiches publicitaires peintes à la main par voie postale, à plusieurs grands producteurs aux Etats-Unis et quelques pays d’Amérique latine. Dans un premier temps, il ne recevra aucune réponse. Mais l’espoir fait vivre, dirait-il. En effet, Chemsou Belarbi reçoit un courrier adressé de la part d’un producteur argentin qui travaille pour Hollywood. Ses affiches ne sont pas restées lettres mortes et reçoit des commandes pour la réalisation d’autres affiches publicitaires pour des films internationaux. L’artiste algérien est lancé. Ses affiches se retrouvent accrochées au festival de Cannes et aux Oscars. Il sera même invité au World Film Festival où, nous dira Chemsou, il aura l’occasion de rencontrer d’autres réalisateurs et se lie d’amitié avec le champion d’arts martiaux, Mohamed Qissi, qui incarne, entre autres, Tong Po dans Kickboxer. Il devient également l’ami de Jimmy Ramdan Gourad, champion de boxe et acteur, qui lui rendra visite par la suite en Algérie et donne une fête en son honneur.
D’aucuns diraient qui vole près du soleil risque de lui brûler les ailes. L’artiste qui se voyait finalement dans la lancée de son art et de sa célébrité fut rattrapé par la réalité du terrain. En Algérie, il ne retrouve guère le soutien qu’il souhaitait et, néanmoins, nécessaire pour son accompagnement. Sur la scène internationale, il fut primé et décroche le titre de le dernier artiste qui peint encore les affiches publicitaires à la main, et ce, à l’échelle mondiale.
«L’histoire de ma vie !»
Un court métrage sur la carrière de l’artiste a été réalisé par la chaîne internationale AJ+, relevant du groupe Al Jazeera. «Cela m’a permis de gagner une certaine renommée et notoriété dans le monde du 7e art. «Une personne s’est chargée par la suite de contacter Dr Mustapha Obama, frère du président américain, pour produire un long métrage sur ma carrière artistique», s’est-il réjoui. Notre interlocuteur fera savoir que l’écriture du scénario a d’ores et déjà été entamée par l’écrivain Yassin Boughazy. «Je compte introduire de nombreuses figures artistiques et acteurs nationaux et mondiaux dans ce film, notamment Jimmy Gourad, Mohamed Qissi et l’actrice Tata Milouda, pour ne citer que ceux-là», a-t-il poursuivi. Chemsou s’attelle également à délimiter l’environnement où se dérouleront les scènes qui retracent sa vie. Il veut, dit-il, faire participer les jeunes Algériens dans cet accomplissement pour promouvoir les capacités artistiques nationales. D’autre part, l’artiste souhaite promouvoir le tourisme national à travers des scènes épiques.
Walid Souahi