CHU de Tizi-Ouzou : Malaise au service d’urologie

Le service d’urologie du CHU Nédir-Mohamed de Tizi-Ouzou vit un certain malaise depuis un moment déjà. Un conflit latent interne entre le chef de service et son personnel médical qui a fini par la démission de tout le staff.

Dans un communiqué, les protestataires accuse leur chef de service de «séquestration récurrente du matériel de chirurgie mettant en péril la vie des patients, notamment cancéreux, comportement déshonorant et atteinte à l’intégrité morale du personnel par des vulgarités, injures et blasphèmes de manière récidivante, incitation à la violence et dépôt de plainte à l’égard de l’équipe médicale et enfin abus de pouvoir et harcèlement au quotidien».
Interrogé quant à ces griefs retenus contre lui, le Pr S. Yebri, le chef de service incriminé, réfute tout en bloc. «Tous les registres consignant les interventions sont consultables à tout moment pour vérifier si je fais dans la séquestration du matériel. Quant à cette question de propos vulgaires ou déplacés, il suffit de le demander aux personnels de service et au paramédicaux pour attester de mon attitude respectable et respectueuse envers mon personnel.» En fait pour lui, le nœud gordien de ce bras de force «a pour origine une histoire de garde que l’équipe médicale refuse d’exécuter». Tout en reconnaissant «les insuffisances en matière de personnel médical pour que la norme des six gardes par mois soit de mise», le Pr Yebdri soutient qu’au vu de cette contrainte, il a été amené par nécessité de service comme l’autorise la loi 08 de la santé à établir un calendrier de gardes où le praticien passe de 6 à10 gardes par mois. «Il est inconcevable que les gardes ne soient pas assurées pour que des malades se retrouvent sans soins à leur arrivée aux urgences», ajoute-t-il.
Enfin, le DG du CHU, Yazid Mouzaoui, tout en reconnaissant que ce bras de fer perturbe le service en question, soutient que la direction poursuit ses efforts de médiation entre les deux parties. Le premier responsable reconnaît aussi que le CHU manque cruellement de médecins urologues, «car c’est une spécialité qui ne suscite pas l’intérêt auprès des étudiants en médecine», soutient-il.
 Rachid Hammoutène