CHU d’Oran : Près de 400 nouveaux cas de sida

Exactement, 382 nouveaux cas de sida ont été enregistrés depuis le début de l’année en cours au centre hospitalier-universitaire (CHU) d’Oran, apprend-on du service des maladies infectieuses. Selon la cheffe de service, le Pr Nadjet Mouffok, parmi ce nombre, il y a 34 enfants ne dépassant pas l’âge de 11 ans et même des nourrissons.

Selon la même responsable, il a été relevé, au cours des 11 premiers mois de 2020, quelque 530 cas de sida. Ces bilans indiquent qu’il existe une certaine constance puisque le service des maladies infectieuses enregistre en moyenne près de 30 nouveaux mensuellement. S’agissant de la prévalence de cette maladie, la responsable indique que les chiffres sont en continuelle progression depuis la fin des années 1990, notamment au niveau des wilayas de l’Ouest et à leur Oran. Celles-ci enregistrent le taux de malades le plus élevé au niveau national. Le Pr Mouffok fait également observer que depuis l’ouverture des deux centres de prise en charge du VHI au niveau de Sidi Bel-Abbès et de Tlemcen, il y a une légère baisse au niveau du CHU d’Oran qui, auparavant, était surchargé. Les tendances ont, quant à elles, changé par rapport aux genres. Ainsi, alors qu’une seule femme portait le virus contre 4 hommes, dans les tout débuts de l’apparition de la maladie en Algérie, les chiffres actuels font état d’une légère prédominance féminine.
Le bilan de l’année 2021 fait, par ailleurs, ressortir que la tranche d’âge la plus touchée est celle située entre 30 et 50 ans avec un taux de 60% de cas. Les wilayas les plus touchées à l’Ouest sont Oran avec 32%, suivie de Mascara avec 19%.Néanmoins, la prise en charge de la maladie à Oran a été sérieusement impactée par la Covid-19. Aussi, les spécialistes craignent de grandes perturbations et de voir le nombre de cas exploser dans les années à venir. Le problème réside dans le fait que ces malades sont des personnes vulnérables pour lesquelles la contamination par le coronavirus peut s’avérer fatale. Et si les consultations continuent à se faire, il reste que beaucoup de malades hésitent à se rendre à l’hôpital par crainte de la pandémie. «La crise sanitaire a isolé beaucoup d’entre eux», déplore le Pr Mouffok, ajoutant que sur les 2.300 malades suivis par son service, 150 n’ont plus donné signe de vie depuis le début de la Covid-19.
Amar Abbas