Cités à forte concentration humaine : Des niches à violence

Les cités à forte concentration d’habitations constituent un lieu idéal pour la prolifération  de la délinquance. Et elles sont nombreuses en Algérie. Le cas de la cité Ali-Mendjeli à Constantine est édifiant.

Malgré les multiples rapports élaborés chaque année par les sociologues et les services de sécurité qui dans leur bilan d’activité de chaque fin d’année font état du développement de la délinquance dans les cités dortoirs, on continue à en construire. A Blida, la nouvelle ville de Bouinan, qui compte différents programmes de logements (AADL, LPP, LSP et LPA), commence à accueillir ses premiers résidents. Plusieurs logements ont été distribués, mais les bénéficiaires refusent d’y habiter à cause de l’insécurité. Pourtant, des sûretés urbaines ont été inaugurées pour assurer la sécurité aux nouveaux habitants de la Mitidja, mais la peur s’est installée suite aux premiers cas d’agressions et de vols des appartements. «Je suis très content d’avoir enfin obtenu mon logement, mais il n’est pas question que je l’occupe dans ces conditions d’insécurité. Certes, il y a une sûreté urbaine, mais cela reste insignifiant devant l’immensité de la nouvelle ville», explique A.M., bénéficiaire d’un logement AADL au site des 3500 logements. Ce dernier indique qu’il peut supporter les multiples problèmes (manque d’eau, transport, internet…) mais pas l’insécurité. «C’est un site cosmopolite. Il abrite des familles venues d’Alger et d’autres de Blida. Donc, après deux années d’occupation, les locataires ne se connaissent toujours pas. La nuit, des jeunes se regroupent devant les bâtiments et nous savons qui sont-ils», ajoute A.M., avant d’évoquer les cas d’agression et le cambriolage des appartements. «Je viens souvent contrôler mon appartement. Ici, chacun pour soit et Dieu pour tous. Votre voisin ne peut rien faire lorsqu’il s’agit d’un vol ou d’une agression», explique encore notre interlocuteur en citant l’exemple de ses anciens voisins d’Alger qui habitent actuellement à Birtouta et qui vivent l’enfer, car la cité est sous l’emprise des délinquants. «Chaque nuit, ils assistent à des scènes de violence. C’est la guerre des gangs entre les voyous des quartiers», ajoute-t-il. Dans les multiples cités que compte la commune d’Ouled Yaïch, c’est le même scénario. Les voyous et les gangs font la loi. Vente de stupéfiants, psychotropes, boissons alcoolisées, voire prostitution. D’ailleurs, dans cette immense cité, alors que les appartements sont au plus bas prix, ils ne trouvent pas acquéreurs. Devenus des repaires pour voyous, des dizaines de locaux commerciaux, appartenant à l’OPGI, restent inexploités. Les rideaux des commerces sont éventrés quand ils ne sont pas complètement arrachés. Les résidents de ce quartier populaire retrouvent le sourire après l’édification d’une nouvelle sûreté urbaine qui va être bientôt inaugurée.
M. Benkeddada