Clôture du 2e Salon du livre Mouloud-Mammeri d’Ath Yanni : Entre satisfecit et attentes

Baisser de rideau, ce dimanche, de la 2e édition du Salon du livre Mouloud-Mammeri d’Ath Yanni (Tizi-Ouzou). Les nombreux auteurs et maisons d’édition, qui ont participé à cette manifestation, quittent ainsi cette région empreinte de culture avec un sentiment de satisfaction.

Une satisfaction quant à l’opportunité que représente une telle manifestation en termes d’échanges, de rencontres et de contacts avec le public et les lecteurs, assurent certains d’entre eux. «Ce type de salon est toujours à encourager, car il nous permet d’être au plus près des visiteurs, même si ces derniers n’achètent pas forcément. De même qu’il nous offre l’opportunité de découvrir de nouveaux auteurs», déclare Saliha Abdellaoui, gérante de la libraire des éditions Dalimen.
Déplorant les difficultés inhérentes au marché du livre, elle ajoute que cette manifestation «rompt précisément» avec les contraintes induites par cette situation, à laquelle s’est ajouté l’impact de la crise sanitaire sur les habitudes de déplacement des citoyens.
Un avis partagé par Abderrezak Boussekine, représentant des éditions éponymes, qui salue l’existence de pareilles activités culturelles et en appelle à d’autres, à l’instar des cafés littéraires, tout en souhaitant une régularité et une pérennité à ces événements.
Comptant parmi les maisons d’édition les plus en vue de la capitale, à l’image de Casbah Editions présentes à ce salon avec plus d’une centaine de publications, les éditions Koukou n’ont également pas manqué d’honorer l’invitation des organisateurs de cette seconde édition, durant laquelle des rabais de 20 à 25% sont proposés sur les tarifs des ouvrages. Son directeur, Arezki Aït Larbi, salue, à son tour, cette initiative dans la mesure où elle est «de proximité» et considère qu’au-delà des arguments développés par ses confrères, ce salon constitue une «opportunité pour voir le retour des lecteurs s’agissant d’éventuelles erreurs lors de l’édition».
Néanmoins, ce dernier déplore les difficultés liées à l’édition, plaidant pour une intervention de l’Etat afin qu’il «soutienne» les prix du papier, de la colle, etc. L’enjeu étant d’éviter que la liste des maisons d’édition ayant mis, jusque-là, la clé sous le paillasson ne s’allonge davantage.
Du côté des auteurs, la satisfaction est partagée par les participants venus de diverses régions du pays et se sont quittés samedi en espérant se retrouver l’an prochain au même lieu.
«c’est véritablement une bouffée d’oxygène pour tous», lâche  le prolifique écrivain et poète bilingue (français-tamazight), Ahcène Mariche, qui se félicite, par ailleurs, de ce que cette manifestation soit un vivier pour «y dénicher» d’éventuels talents littéraires à présenter dans l’émission qu’il anime périodiquement sur la chaîne Berbère Télévision.
Présente également pour la 2e fois au Salon d’Ath Yanni, la jeune autrice, Hiba Tayda, s’est déplacée de Bouira pour retrouver l’ambiance conviviale créée par la qualité de l’accueil et le contact avec le public. De même que pour retrouver d’autres auteurs tout aussi fidèles à ce rendez-vous culturel, à l’image de la poétesse en tamazight, Ouiza Khelfoune, et tant d’autres encore.
Déclarant la clôture de cette manifestation, son organisateur, Hacène Metref, s’est félicité que «90% du programme initialement prévu a été respecté, promettant de mieux faire lors de la prochaine édition».
Fatima Abbad