Colonialisme : Destruction d’un système d’élevage bien organisé

L’évolution de l’élevage en Algérie et de la consommation avant, pendant et après la colonisation française a été longuement abordée par Nouad Mokrane, expert consultant en agroalimentaire, lors d’une rencontre scientifique sur la réhabilitation de l’élevage et la diversification de la consommation des viandes.

Expliquant comment les séquelles de la colonisation ne se «limitent pas uniquement aux martyrs», il a affirmé qu’elles se font ressentir jusqu’à aujourd’hui, «à travers la destruction de notre système d’élevage» qui permettait à l’Algérie d’être «un pays exportateur de viande, et qui se retrouve désormais dans la nécessité de l’importer». Il rappelle que l’Algérien était nomade et occupait avec ses cheptels 85% du territoire. «Le cheptel avait une véritable organisation d’entreprise et permettait un développement durable», rappelle-t-il.
Lors de la colonisation, «l’Algérien a été forcé à un sédentarisme qui a fait passer la steppe de zone de transit à une zone d’élevage», souligne-t-il. Ce qui a contribué à la détérioration et la désertification de cette région, ce qui a privé les Algériens, au passage, de leur puissance politique et économique. Ainsi, il explique que la route Moutonnière était auparavant utilisée pour exporter les moutons en France, au lieu de nourrir les Algériens.
S. C.