Commentaire : épis d’or

Par Ouali Mouterfi

Le blé est une denrée précieuse, d’autant plus qu’aujourd’hui, les grains de blé valent littéralement de l’or au regard de l’envolée en bourse du prix de cette matière suite à la guerre Russie-Ukraine, deux producteurs mondiaux majeurs de cette céréale convoitée par millions de tonnes par de nombreux pays incapables de la produire en quantités suffisantes pour satisfaire leurs besoins de consommation, mais aussi du fait des acquisitions massives d’une Chine subitement boulimique. L’Algérie se trouve parmi cette poignée d’acheteurs qui, bien que déclarant disposer de stocks suffisants pour ne pas se faire de grosses inquiétudes pour plusieurs mois, débourse tout de même des sommes faramineuses pour ses approvisionnements. A côté, elle déploie de louables efforts pour porter sa production
à des niveaux toujours plus relevés. Le bouleversement climatique rend la tâche plus ardue dans cette quête d’augmentation des rendements céréaliers, tout en ajoutant une couche de risque de perte de la production. La sécheresse et les grosses chaleurs favorisent en effet les départs de feux. Le risque est encore plus présent dans les régions sahariennes où se localise une bonne partie de la culture de blé dans notre pays. C’est la raison pour laquelle la Protection civile mobilise ses forces, non seulement pour la lutte contre d’éventuels incendies, mais aussi pour sensibiliser les producteurs à ce risque qui peut ravager leurs récoltes. Les pertes seraient catastrophiques car, d’une part, peu d’exploitants souscrivent à une police d’assurance et, d’autre part, avec la mesure de revalorisation des prix du blé que l’État a récemment prise pour encourager les producteurs, ceux qui auraient fait preuve d’imprudence passeraient à côté d’une opportunité financière plus qu’appréciable. Sachant que la menace de la sécheresse a été levée avec les dernières précipitations et que les perspectives d’une bonne récole se sont renforcées. Il ne s’agit pas de gâcher le bénéfice de ces circonstances positives par une attitude négligente. Outre cette protection contre les incendies, les récoltes doivent aussi être soigneusement effectuées pour éviter les pertes de production dues à des moyens inadaptés ou mal réglés. Chaque grain est une pépite d’or qu’il faut jalousement préserver et exploiter au regard des menaces qui pèsent. Cela fait aussi penser au gâchis qui résulte du gaspillage de pain. Lui trouver une solution doit être le souci des autorités, d’autant que cela n’est guère difficile à résoudre. Sans préconiser la suppression de la subvention de la farine, une mesure politiquement incorrecte, il suffit juste d’améliorer la qualité du pain pour qu’il soit normalement consommé. Ce seront des milliers de tonnes de farine épargnées, une quantité encore plus grande si, par ailleurs, la contrebande sur ce produit est sensiblement réduite. De quoi faire de grosses économies au budget de l’État.

O. M.