Commentaire: L’appel du cœur

Par Ouali Mouterfi

Contrairement à d’autres pays où e sang est considéré comme un bien marchand quelconque, en Algérie, le don de sang est gratuit et se pratique sur une base volontaire. C’est un geste de générosité et de solidarité avec des concitoyens en besoin pour achever leur convalescence et parfois, pour leur sauver la vie, à l’exemple de parturientes ou de blessés victimes d’hémorragie. Il faut rappeler que la transfusion sanguine est une technique qui a été pratiquée très tôt dans l’histoire de l’humanité. Avec un résultat le plus souvent dramatique, il faut le préciser. Après avoir utilisé du sang d’animaux, puis finalement du sang d’êtres humains, avec plus de succès, les connaissances scientifiques s’affinant au fil du temps. La transfusion sanguine finit, notamment depuis la Première Guerre mondiale, par être appliquée non seulement sans gros risque, mais aussi avec toujours plus d’efficacité. Des banques de sang ont été créées pour pallier les urgences, alimentées ,selon les pays, par des achats ou par des dons. L’Algérie a toujours compté sur le sentiment de solidarité si fort chez le peuple algérien pour renflouer ses stocks de sang, mais parfois la pénurie guette en raison d’une conjoncture particulière, comme lors de la première année de pandémie de Covid-19. Même quand ils ne sont pas donneurs de sang, les Algériens, proches, voisins ou inconnus, n’hésitent pas à répondre à un appel au don urgent de sang à perfuser pour aider un patient. Fournir et maintenir le stock de sang reste toutefois un exercice de funambulisme quotidien pour les structures de santé, notamment en matière de groupes sanguins rares. Pour l’heure, il n’est possible de compter que sur les bons sentiments des citoyens, qu’il ne faut cesser de sensibiliser
à travers des campagnes de presse ou des associations. En attendant que la science trouve une solution à ce problème universel d’approvisionnement, mais également pour éviter tous les risques de transmission d’agents pathogènes et autres virus.
De grands progrès ont déjà été accomplis dans la mise au point d’un sang artificiel qui pourrait être injecté à tous les malades, indépendamment de leur groupe sanguin, mais il faut encore bien des recherches pour atteindre ce but. Le don de sang reste donc incontournable, comme est indéracinable la générosité chez l’Algérien.
O. M.