Commentaire : Le bonheur est dans la mer

Par Abdelkrim Tazaroute

il fait très chaud actuellement et la canicule nous fait mener la vie dure. Comme c’est la période des vacances scolaires et des congés annuels, la mer s’offre comme le meilleur plan possible. C’est un plaisir qui n’est pas onéreux. Votre ambition n’est tout de même pas de vous rafraîchir le corps dans les piscines d’hôtels luxueux ou de complexes de haut standing. Logiquement, dans un pays qui possède une côte de plus de 1.200 km, le commun des mortels
a l’embarras du choix, mais la réalité est moins agréable à vivre. Le bonheur qui est dans la mer est parfois inaccessible en raison de nombreux obstacles, à commencer par les gérants des parkings et autres «loueurs» improvisés de place dont ils ne détiennent pourtant aucun droit. Il y a aussi, parfois, cette obligation de location de chaises et de parasol qui vous casse l’envie de passer la journée à la plage et encore plus d’y revenir. Les rassurantes déclarations du ministre du Tourisme à chaque début de saison estivale et celles des walis n’ont jamais changé la donne. Mais peut-on sérieusement se passer de ce plaisir que l’on découvre dès le jeune âge ? Pas du tout évident si par chance vous êtes enfant d’une ville côtière, la mer alors n’a plus de secrets pour vous et le plaisir est d’y plonger dans ses bras et de l’enlacer pour ne plus la lâcher. Pour le plaisir, pour le souvenir de la peau bronzée au soleil et au goût de sel qui se dégage. La mer, c’est le beau et le plaisir de la vie qui se dessinent à longueur de journée. La mer, c’est la rencontre et la convivialité. La mer, le soleil, les vacances, c’est tout un monde imagé des premiers battements de cœur pour l’élue du cœur d’adolescent, pour une voisine au doux prénom de Yakouta ou Djouhra, ceci pour le côté jardin. Parce que malheureusement, depuis que notre beau pays a été visité par la déferlante vague de l’islamisme et son lot de yadjouz, layadjouz, la plage a perdu de ses couleurs et le côté cour a dévoilé sa face hideuse qui vous enlève l’envie de faire un tour en bord de mer, humer l’air ou piquer une tête ou, de guerre lasse, se décider carrément, une bonne fois pour toutes, se dire qu’il faut tourner le dos à la mer et à ses plaisirs. Le noir a investi la plage et les lieux sont devenus lugubres. Foin de belles serviettes et de beaux corps en liberté dans l’eau, mais des tentes au lieu de parasols multicolores. Et pour ternir davantage encore cette image de détente, il y a des interdits, de se tenir la main, d’être en couple.
Bref d’être en vie.
 A. T.