Commentaire : Le savant et le politique

Le rôle de la science dans le développement d’un pays est aujourd’hui d’une importance évidente. Tout le monde sait que la puissance d’un pays et l’opulence de son économie sont toujours le précieux fruit obtenu de l’effort scientifique et technologique déployé.

Ce qui est valable pour un pays, l’est tout autant pour une entreprise et un individu, qui doivent eux aussi faire preuve d’inventivité, d’innovation, de mise à niveau, pour proposer des produits modernes et concurrentiels ou pour jouir d’un niveau de qualification qui lui permette de préserver son poste de travail face à l’évolution technique. La recherche scientifique en Algérie a pris une autre ampleur depuis deux décennies. L’effort soutenu de formation avait déjà permis de constituer une ressource humaine plus dense et dans des champs de recherche très divers, y compris les plus pointus. La valorisation du statut du chercheur et l’organisation de la recherche scientifique ont, ensuite, créé un tissu d’équipes et de laboratoires versés dans des axes réfléchis, qui répondent aux problématiques auxquelles est confronté le pays.
Le résultat de cet effort s’est particulièrement mis en exergue lorsque la pandémie de la Covid-19 a éclaté. C’est, en effet, cette élite scientifique, qu’elle active dans l’Université, en entreprise ou en indépendant, qui a permis au pays de produire ce dont elle avait besoin pour lutter contre la propagation du virus. Cet élan scientifique et patriotique a eu comme effet positif d’entraîner une prise de conscience plus aiguë chez les décideurs politiques, en recherche de solution pour faire face à la crise économique interne et à la crispation qui s’est emparée du monde, obligeant à davantage compter sur ses propres ressources pour relever les nombreux défis pour assurer la sécurité du pays et préserver son intégrité et sa souveraineté.
Qu’il s’agisse de sécurité sanitaire, de sécurité alimentaire ou de sécurité tout court, le recours à la science, à l’investissement dans la recherche, l’innovation et la créativité est incontournable. Les génies ne manquent pas en Algérie. Certains d’entre eux officient dans les domaines les plus pointus et sont des célébrités mondiales. Le point faible se situe dans la valorisation des résultats de cette recherche, car la liaison avec l’entreprise reste encore archaïque alors qu’elle est primordiale. Là également, la prise de conscience se fraie un chemin. L’Etat encourage ainsi la création d’entreprise innovante et pousse celles en place à se rapprocher de l’Université pour trouver des solutions à leurs problématiques. On n’en est qu’aux premiers pas, mais si le cap est maintenu, la démarche sera féconde sur le court terme.
 Ouali Mouterfi