Commentaire : Projets de vacances

Par Ouali Mouterfi

La saison estivale est un important moment de la vie économique du pays. On peut tout dire sur les insuffisances du secteur touristique en Algérie, mais il n’en demeure pas que, l’été venu, les Algériens sacrifient à la tradition des vacances et donnent de quoi s’occuper
à une filière qui vit au ralenti le reste de l’année. Mais, avant cela, il faut préparer les choses. En Algérie, c’est le tourisme balnéaire qui est en vogue. Alors, dans les communes côtières, c’est déjà le branle-bas de combat, même s’il reste encore quelques semaines avant le début des congés. La première tâche que se donnent en mission de remplir les collectivités locales est le nettoyage des plages.
Le matériel disponible est mobilisé,
les associations et militants de protection de l’environnement sont appelés en renfort, les administrations en relation sont mises à contribution. Que la question soit prise avec autant de sérieux n’a rien d’étonnant pour qui connaît la gravité de la situation en la matière. Il faut dire que tout au long de l’année, les plages deviennent le réceptacle de nombreux déchets, qu’ils aient été jetés par des transporteurs indélicats, charriés par les oueds ou rejetés par la houle après avoir voyagé au gré des vagues, peut-être depuis des mois.
C’est, en effet, un spectacle désolant de constater que le littoral se transforme en dépotoir, notamment pour les bouteilles
en plastique. Heureusement vient la saison estivale et cette volonté des autorités, à différentes échelles, de développer le tourisme et ranimer l’activité économique locale. Ce sont des milliers d’emplois qui en dépendent, depuis le simple loueur de parasols jusqu’au propriétaire de l’hôtel le plus huppé. Pour cette raison, les autorités devraient trouver une formule qui responsabilise ces acteurs et les faire participer à l’effort général au lieu qu’ils se satisfassent de simplement amasser les gains. Ces derniers, il ne faut surtout pas l’oublier, dépendent aussi du niveau du pouvoir d’achat du citoyen, du moment que le touriste étranger n’est présent que marginalement dans notre pays. Comparativement aux années précédentes, où la pandémie de la Covid-19 faisait rage, nul doute que la situation se présentera, croisons les doigts, bien plus avantageusement cet été. Il n’y aura ni restrictions de déplacement ni crainte excessive pour le candidat au voyage. Tout dépendra, enfin, de sa bourse et des offres proposées, en espérant que les différents opérateurs ne tenteront pas de se refaire une santé sur son dos avec des tarifs excessifs. Dans tous les cas, chacun a, devant lui, quelques semaines pour peaufiner son projet de vacances et échafauder des plans B pour s’aménager des échappatoires.
O. M.