Commentaire : Se baigner sans se noyer

C’est l’été et la saison balnéaire a déjà commencé pour de nombreux amoureux des plaisirs de la plage. Tant mieux pour ces impatients que la météo gâte avec un ciel ensoleillé comme jamais et des températures qui poussent à la trempette.

Ce bonheur retrouvé après en avoir été sevré pour beaucoup par la crise sanitaire, s’accompagne de manière épisodique de la survenue malheureusement inévitable, de drames qui endeuillent de nombreuses familles. Des gosses qui se noient dans les eaux d’un barrage, d’un oued ou d’une mare quelconque, des adultes auxquels la mer arrache la vie, même quand ils excellent dans la nage, ce sont de tristes nouvelles qui jalonnent tout l’été, tous les étés. L’imprudence est à la source première de ces malheurs. Fréquenter des plages aux eaux profondes pour des personnes qui ne savent pas nager, laisser ses enfants sans surveillance, se baigner dans des conditions peu propices, s’aventurer au large, sont autant de comportements à risque qui peuvent aboutir sur une issue fatale. La Protection civile déploie de grands efforts en mobilisant personnels et moyens d’intervention pour assurer aux estivants un maximum de sécurité sur les sites autorisés à la baignade qu’elle a mission de surveiller.
Des centaines de personnes sont ainsi sauvées d’une mort certaine. Cette assistance n’est cependant pas disponible sur les plages non autorisées à la baignade, et donc non surveillées, entraînant un danger bien plus accru. Ces plages interdites ne sont pas moins fréquentées, en dépit parfois des efforts de la gendarmerie nationale de dissuader les baigneurs. Mais comment les en empêcher quand nombre de citoyens ne peuvent fréquenter, par manque d’argent, que les plages polluées ou difficiles d’accès ? Les gosses des campagnes ou du pays profond également n’ont que les eaux du barrage ou d’une retenue pour se rafraîchir, avec tous les dangers encourus.
Les piscines restent en nombre largement insuffisant, même si beaucoup de communes en comptent au moins dans leur porte feuille d’infrastructures. Cela pourrait pourtant atténuer quelque peu les incidents, notamment parmi les enfants et les adolescents. S’il n’y a pas de solution miracle pour empêcher la noyade, il est possible de réduire le nombre d’incidents en surveillant toutes les plages, même si elles sont interdites à la baignade, en réalisant des piscines, en libérant les plages surveillées de la mainmise des intérêts privés, en construisant des piscines, en sensibilisant sur les dangers de la mer et en mobilisant les associations, en organisant des sorties, des colonies de vacances notamment pour les enfants défavorisés, etc. Il n’y a rien d’inévitable et chaque vie est suffisamment précieuse pour tout tenter afin de la préserver.
Ouali Mouterfi