Commentaire : Signe intérieur de richesse !

Par Abdelkrim Tazaroute

Il faut posséder une grosse fortune pour se faire construire une piscine. C’est une exigence pour ne pas dire une évidence. Elle est généralement plantée dans une grande maison, une villa. C’est le privilège des riches, le rêve de tout le monde. Dans les années 1980, lorsque les Américains nous ont récompensés pour avoir libéré leurs otages à Téhéran, ils nous ont offert la série Dallas. Un cadeau empoisonné, comme seuls les Américains peuvent le faire. En Algérie, ce fut la course aux villas et le début de l’ère des prédateurs de tous genres. Le prédateur algérien ne rêve plus de révolution mais de «villa, blonda et de Honda». Les avoir, était le summum de réussite sociale. Curieusement, il ne pensait pas encore à la piscine, pourtant la lumineuse Romy Schneider avait mis en avant les avantages d’une piscine privée,
pas pour fuire le soleil, mais regard malveillant des voisins. Oui, mais le film était en avance et il fallait que le cinéma intègre la piscine comme signe de richesse, certes discret mais combien
ravageur. Hollywood a alors esquissé le profil du personnage du riche, en le dotant d’une piscine et accessoirement d’une maîtresse blonde, d’un verre de Whisky et d’un gros cigare ! Dans le monde, le succès de la
piscine fut foudroyant. C’est le nouveau filon et pour les Etats, un moyen de détecter
des richesses cachées, donc de nouvelles recettes en perspective. Google Heart est là pour donner les adresses à qui de droit.
Les riches ne se noient pas dans leur piscine mais dans les eaux troubles des malversations et des combines et ils finissent dans un trou sans bassin qui s’appelle prison et croyez-nous, il n’y a pas de prison dorée même pour les riches ! En Algérie, les villas de riches n’étaient pas équipées de piscine. Maintenant si, c’est même à la mode. Des soirées au bord de la piscine, on se croirait dans un film hollywoodien. Les feuilletons et séries algériens, du moins ceux des dernières années, raffolent de piscines. La piscine est là, plantée au milieu du jardin d’une immense et luxueuse villa mais personne n’en profite pour nager, ni même prendre son petit déjeuner au soleil. Pour les pauvres et la classe moyenne, il y a les piscines municipales, quand elles existent. Celles des hôtels et des complexes sont inaccessibles sauf à ceux qui ont déjà une piscine privée qui y vont pour la frime. La fripe, c’est pour les autres qui ne s’appellent pas forcément Leïla ou Ali.
 A. T.