Commentaire :Time is money

Par Abdelhamid Lemili

Il y a quelques semaines, le Premier ministre faisait l’annonce de l’ouverture imminente d’agences bancaires à l’étranger. Encore à un stade conceptuel, toujours selon Aïmene Benabderahmane, le projet devrait être finalisé avant la fin de l’année afin de permettre aux Algériens résidant à l’étranger la bancarisation de leur épargne mais aussi d’orienter les flux d’échanges inhérents aux activités économiques des opérateurs économiques nationaux dans le cadre d’effectives exportations. Cette mesure étant complexe, ont alors été considérés comme éligibles la BEA, la BNA et le CPA lesquels, est-il besoin de le rappeler, sont des institutions financières historiques professionnellement et techniquement rompues à l’activité monétaire sous tous ses aspects. Maintenant, il y a cette date-butoir de «fin d’année» pour la finalisation d’un projet autour duquel il était déjà dit beaucoup de bien et pris des engagements en septembre 2020 par l’actuel Premier ministre alors qu’il occupait les fonctions de ministre des Finances déclarant en Conseil des ministres et s’attendant aussi à ce que «le capital national fasse montre de courage en investissant (…) des avantages sont possibles pour ceux qui souhaitent activer dans le secteur bancaire pour contribuer au développement de l’image stéréotypée accolée aux banques privées au début du millénaire». Ainsi, le choix des trois banques publiques précédemment évoquées laisse clairement entendre que le courage a effectivement manqué aux dirigeants des banques privées activant en Algérie. Il serait toutefois réducteur et même arbitraire de stigmatiser le secteur privé dans la mesure où une opération en ce sens est plutôt complexe eu égard aux risques potentiels de marché. D’ailleurs, réagissant en 2015 à l’interpellation d’un parlementaire sur le retard d’implantation d’agences bancaires à l’étranger, le défunt A. Mekhalfa (président de l’Abef et ensuite ministre des Finances) évoquait la complexité d’un processus répondant strictement «aux normes internationales» pour toute aptitude à fonctionner en ce sens. Il ajoutera la nécessité de «maîtriser les outils de gestion et de financement modernes en plus de la disponibilité de capitaux importants» pour enfin concéder que les avantages qu’y gagneraient l’Algérie dont la promotion faite à la communauté étrangère établie à l’étranger.
En fait, en elle-même, l’idée était dans l’air du temps depuis au moins une décennie, sauf que jamais la réalisation n’a suivi l’intention.
Quoi qu’il en soit, à chaque fois qu’ils en ont eu l’opportunité de parler, les spécialistes notamment ceux maîtrisant
le dossier «exportations», n’ont eu cesse d’évoquer le retard d’implantation d’agences bancaires algériennes
à l’étranger et plus particulièrement en Afrique de l’Ouest où certains des pays voisins de l’Algérie ont investi depuis 2015.
A. L.