Commentaire : Un espace de partenariat

 On n’ouvre pas les portes du capitalisme les yeux fermés et on ne s’introduit nullement à reculons  dans cet univers de féroce concurrence et de gros intérêts. Il y a une quarantaine d’années déjà que la Chine a montré une des principales voies qui y mènent.
Son dirigeant d’alors Deng Xiaoping pour qui «qu’importe la couleur du chat pourvu qu’il attrape des souris», s’est montré fervent partisan de l’ouverture de zones franches qui étaient, en quelque sorte, des postes avancés mais contrôlés. C’est à partir de là que le pays se mit à maîtriser les techniques  et les règles des maîtres du monde que l’élève finira vite par dépasser.
L’odyssée du fulgurant développement du pays de Maoa débuté en 1979dans ce qui fut appelée alors zone économique de Shenzen qui fut la première interface avec le monde libéral. De petit port de pêche, la modeste ville du sud de la Chine est devenue, en peu de temps, un immense atelier où tout se fabrique et s’exporte.
Tout le monde n’a pas les potentialités et l’immensité de la Chine mais son exemple fut vite suivi et amplifié. On n’était plus aux comptoirs d’antan qui étaient plutôt des enclaves de domination étrangères.
Il y a eu ensuite, dans le sillage du grand virage vers l’économie de marché et du redéploiement des Etats, une sorte de course entre les pays pour mettre en place de telles zones qui ont essaimé sur tous les continents. Chacun se mit à aligner des formules avantageuses. Ce qu’un Etat perd en droits de douane est compensé par les effets d’entraînement en matière d’échanges commerciaux devenus le grand vecteur, de création d’emploi, de produits et d’essor des infrastructures qui conditionnent le reste. Les tarifs douaniers sont devenus de fait un levier important pour afficher ses ambitions ou contrecarrer les prétentions d’un rival. Les nations se font moins la guerre à coups de canons qu’en recourant à la manipulation de taxes douanières ou en tirant profit des retombées d’activités au sein des zones franches où s’instaurent ce partenariat gagnant-gagnant.
Dans le vaste marché qu’est devenue la planète où tout le monde vend à tout le monde, on a comme  trouvé mieux que les multinationales, dont l’image s’est fortement dégradée, lesquelles, naguère, venaient piller les richesses des pays d’Afrique ou d’ailleurs. Les puissants profitent encore d’avantages liés à la main-d’œuvre, à l’énergie à bon marché… Mais dans cette nouvelle forme d’échanges qui, par bien des aspects, reste inégale, il y a tout même une sorte de  partenariat gagnant-gagnant qui s’instaure.
R. Hammoudi