Commentaire : Un filon à exploiter

Industrie lourde, industrie industrialisante, industrie de substitution aux importations, autant de concepts nés dans la foulée du tiers-mondisme, que l’Algérie a expérimentés à partir des années 1970 pour bâtir une économie qu’elle envisageait comme un levier pour achever son processus d’indépendance. On sait ce qu’il en est advenu de ce tissu industriel : restructuration des complexes intégrés en plus petites unités à la portée de la capacité managériale locale, passage sous les fourches caudines du FMI et privatisation ou fermeture.

Entre-temps, le secteur privé s’est taillé une place de plus en plus confortable dans le paysage économique du pays, à la faveur de la libéralisation, et un ministère de la PME-PMI a même été créé à la tête duquel avait été nommé un entrepreneur privé bien connu pour montrer la nouvelle direction que prenait la politique économique du pays. En dépit de progrès notables, les efforts déployés pour booster la création d’entreprises de type PME ont toutefois buté sur de nombreux obstacles les décennies suivantes, alors même que pour un pays de la taille de l’Algérie, les besoins en nouvelles entreprises étaient très importants. Au demeurant, il s’est avéré que la majorité de ces sociétés sont en fait de très petites entreprises, avec un effectif de moins d’une dizaines de salariés. L’autre particularité relevée est que ce sont des entreprises familiales. Ces singularités font aujourd’hui pencher la balance en matière des politiques publiques d’encouragement à la création d’entreprises et poussent à s’intéresser au modèle italien, sociologiquement plus proche, après avoir longtemps exploré le modèle allemand.
Si l’expérience italienne peut plus facilement être transposée en Algérie, cela n’est pas forcément un gage de réussite si l’environnement économique n’est pas lui-même débarrassé des scories qui le polluent jusqu’à rendre malaisées la création et la survie de toute entreprise. Les banques doivent revoir leur attitude vis-à-vis de l’investisseur et de tout projet créateur localement d’emploi et de richesse, l’administration, notamment fiscale, doit sérieusement se toiletter, le secteur commercial doit être assaini des pratiques déloyales… Peu demandeur de capitaux, des technologies simples à mettre en œuvre et maîtriser, un marché disponible pour une diversité de produits et marchandises, il y a certainement dans le domaine de la PME-PMI un filon à exploiter par l’Algérie qui cherche à rapidement dynamiser son économie.
 Ouali Mouterfi