Commentaire : Un succédané

Les Algériens ne sucrent pas la bouche uniquement avec le fameux plat lham lahlou. Les gâteaux traditionnels sont aussi l’indispensable accompagnement des soirées du Ramadhan. Zlabia et qalb elouz font l’unanimité dans tous les foyers. Non pas que les makrout, qtayef et autres baqlawa soient en reste, mais les prix font toujours la différence.

Pendant le Ramadhan, le nombre de fabricants de ces indispensables douceurs explosent. Aucune rue ou ruelle n’en est dépourvu, même si nombre d’entre eux ne sont que des revendeurs. Les bonnes adresses s’échangent comme des confidences au téléphone ou sur les réseaux sociaux, et certains n’hésitent pas à faire de longs trajets pour acquérir la précieuse gâterie. La gourmandise des Algériens est titillée sans répit par des confiseurs (halwa turque, loukoum, nougat et bonbons de toutes sortes) qui innovent et diversifient leurs produits, avec de nouveaux arômes et un packaging tout aussi attrayant. Il ne faut pas croire toutefois que la pâtisserie occidentale est délaissée. Pas du tout. Malgré des prix assez élevés, les viennoiseries partent comme des petits pains pendant la journée et, dans la soirée, les jeunes surtout, et beaucoup de jeunes femmes, font la razzia dans les pâtisseries. Tout le monde, toutefois, ne peut se permettre de s’approvisionner tous les jours. Alors, les petites bourses se rabattent sur un dessert à dépense modique : le flan.
Cette année, les supérettes en proposent plusieurs marques et les petits sachets «magiques» rencontrent un franc succès chez les consommateurs. Cet engouement pour les gâteaux et confiseries, achetées ou faits maison, est davantage excité par l’excessive cherté des fruits durant ce Ramadhan. Le sucre est un succédané malheureusement pas toujours bon pour la santé. Diabète, caries dentaires, et bien d’autres conséquences que les médecins peuvent énumérer avec plus de précision, le sucre est à consommer toujours avec modération. Le diabète est ainsi un véritable fléau en Algérie, et la facture en matière de prise en charge médicale est faramineuse. Mais cela n’est pas à mettre sur le compte de traditions ramadhanesques. C’est plutôt le régime alimentaire détraqué des Algériens, bouleversé par deux facteurs contradictoires, la hausse du niveau de vie général qui a remanié les habitudes alimentaires de la population et la perte du pouvoir d’achat qui pousse à remplacer les calories manquantes par une consommation plus importante de sucre. Ce qui n’est pas très sain. Que cela n’empêche pas toutefois d’apprécier le plaisir de déguster un morceau de zlabia de Boufarik !
Ouali Mouterfi