Commerçants : «Les frais de transport influent sur les prix de vente»

Les frais de transport de marchandises qui ne cessent d’augmenter ont une incidence directe sur les prix de divers produits. Par bien des aspects, cette variable fausse même la loi de l’offre et de la demande. Trop souvent, les prix du carburant ou des pièces de rechange justifient les hausses mais pour de nombreux commerçants, c’est le coût parfois exagéré du transport qui explique davantage le renchérissement de tel ou tel produit. «Le coût du transport est calculé de manière anarchique et exagérée. Or, il doit être tenu compte du kilométrage», déplore au passage Abdelkrim Benrabah, représentant des commerçants et gérant d’une grande surface commerciale à Blida. A l’en croire, certains commerçants, pour éviter les frais excessifs liés au transport de marchandises, ont acquis des camions pour éviter ces frais et ne plus dépendre de transporteurs qui imposent leur diktat. Notre interlocuteur reconnaît toutefois que le coût du transport de marchandises a connu une légère baisse, ces dernières années, à cause de la concurrence apparue avec le grand nombre de fourgons acquis par des jeunes avec le soutien de l’agence nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat (Anade). «Souvent, explique-t-il, les frais de transport se révèlent un casse-tête, car il faut toujours en tenir compte lorsqu’il s’agit de fixer un prix de vente». «Or, cela n’est toujours pas évident, car le consommateur hésite étant sûr de trouver un produit et moins cher ailleurs», renchérit le représentant des commerçants qui regrette la faiblesse du transport de marchandises par voie ferroviaire. Pour lui, la relance de ce dernier peut booster le commerce de marchandises inter-wilayas et réduire la facture des frais de transport, s’agissant notamment de transport de marchandises vers les wilayas de l’intérieur et du Sud où certains produits coûtent 20 à 30% de plus à cause de la cherté du transport. «Louer un semi-remorque pour envoyer de la marchandise vers une wilaya du Sud coûte parfois 20 millions de centimes. Le commerçant doit alors augmenter les prix des produits pour pouvoir entrer dans ses frais», fait remarquer Benrabah. «Il ne peut faire autrement», assène-t-il. Heureux changement depuis quelques années, des producteurs ont constitué leur propre réseau de transport de marchandises vers les points des grossistes et détaillants pour éviter des frais supplémentaires. La méthode a été vite adoptée par les producteurs qui désormais assurent eux-mêmes la livraison de leurs marchandises. «C’est la meilleure chose que les producteurs ont fait depuis», avoue Hadj Benacer, un grossiste établi à Semmar. Ce dernier assure que les prix de vente de plusieurs produits sont demeurés stables, car ce sont les producteurs qui se chargent du transport.
M. Benkeddada