Commerces : Respect sous la contrainte

Face à un rebond épidémique inquiétant, les commerçants sont contraints de se conformer aux nouvelles restrictions édictées par les pouvoirs publics pour freiner la propagation du virus.

Dans la capitale, le constat est visible. Les commerçants sont plus rigides et autoritaires. Ils n’admettent plus l’accès des clients à leurs magasins sans masque de protection. Ils redoutent de tomber sous le coup des sanctions prévues par la loi, surtout que les visites de contrôle sont de plus en plus fréquentes. «Aucun relâchement n’est toléré désormais», tonne Mounir, un boulanger à la rue Ahmed-Chaïb  à Alger-Centre. Il rappelle qu’un désengagement vis-à-vis du port du masque de protection s’est fait ressentir chez les clients, après la baisse des contaminations. Un laisser-aller qui s’est traduit par la  recrudescence des infections parle SARS-CoV-2. «Maintenant, aucune négligence n’est tolérée», insiste-t-il encore. Il précise que c’est le commerçant qui endosse les conséquences si une transgression de la loi est enregistrée. Sur la devanture du magasin, des affiches sont placardées, rappelant les consignes sanitaires. Outre le port du masque, la distanciation physique, l’usage fréquent du gel hydroalcoolique et l’accueil dans l’établissement de pas plus de 2 à 3 personnes.
Dans une supérette à la rue de la Liberté, à Alger, la vigilance est de mise. Un vendeur veille continuellement au respect des consignes. Pour le propriétaire, «les femmes sont plus disciplinées que la gent masculine». Et d’ajouter :«La majorité s’accordent d’ailleurs une certaine liberté dans la manière de  porter le masque, au risque de le rendre inopérant.» Il insiste sur ce volet. «Il est fréquent de voir les gens baisser le masque sous le nez pour éviter la buée sur les lunettes.»
Priorité absolue
Pour un épicier au quartier de Saïd-Hamdine, la sécurité des clients pendant la crise de la Covid-19 est la priorité absolue de tous les commerçants. «Toutefois, ajoute-t-il, je ne peux pas jouer au gendarme toute la journée, d’autant plus que certains clients sont difficiles à convaincre.» Ce commerçant préfère d’ailleurs que sa clientèle soit servie à l’extérieur de l’établissement. Il a ainsi carrément installé un comptoir pour obstruer l’entrée. «Face au relâchement irresponsable de la population, j’étais contraint de trouver cette alternative, pour éviter les sanctions», a-t-il fait savoir.
Dans les centres commerciaux, la discipline est de rigueur et les agents de sécurité sont mobilisés pour faire respecter les consignes sanitaires édictées. «Le masque a toujours été obligatoire, même en période d’accalmie», note l’un des agents de sécurité du centre commercial de Bab Ezzouar. Les mesures barrières sont affichées un peu partout dans le centre, en guise de rappe. Ces nouvelles restrictions ont encouragé les vendeurs à la sauvette de masques de protection à s’installer à l’entrée de l’espace commercial, pour écouler leurs marchandises.
L’agent de sécurité rappelle que «le non-respect du port du masque est passible d’une amende de 10.000 DA». Une mesure qui, selon lui, «a porté ses fruits».
Samira Azzegag