Complexes touristiques : Cher … le balcon sur la Méditerranée

Les amateurs d’embruns iodés envahissent les plages et les stations balnéaires alors que la saison estivale n’a pas encore été lancée. Avec les hausses soudaines des températures, un ballet incessant de véhicules défile sur la côte ouest de la capitale pour aller se rafraîchir au bord de la mer.

Une ruée qui a surpris les stations balnéaires et les complexes touristiques semblent être pris au dépourvu. En effet, alors que d’habitude l’affluence des estivants se fait habituellement à la mi-juin, cette année, une cohorte de baigneurs viennent chaque jour s’informer des promotions et réductions proposées. Au complexe touristique Les Sables d’Or de Zéralda, relevant du Groupe Hôtellerie, Tourisme et Thermalisme (HTT), les prix, nous dit-on, ont chuté de 30%. On nous apprend qu’à l’occasion  de la saison estivale, le groupe a signé plusieurs conventions pour permettre aux familles de bénéficier de réductions allant de 40 à 50% sur le prix initial. «Pour le moment, les prix restent inchangés. Ils vont de 8.000 DA pour une chambre single, à 22.000 DA pour une chambre double avec vue sur mer», nous indique le réceptionniste de l’hôtel. Quelques tarifs promotionnels sont néanmoins proposées sur les chambres doubles en demi-pension, soit 10.800 DA pour deux personnes, avec petit déjeuner. L’offre est valable jusqu’au 1er juin prochain.
Comme chaque année, le complexe propose des prestations louables en termes d’accueil sur la plage. Des transats, chaises longues et autres équipements proposés entre 1.200 et 2.000 DA. Le complexe, rénové en 2019, a une capacité d’accueil de 200 chambres et 400 lits. Mais après deux saisons de gel de l’activité, le secteur a du mal à redécoller. Selon un employé de l’hôtel Mazafran, toujours à Zéralda, les clients se font rares. «Les prix sont élevés par rapport à ceux pratiqués les deux dernières années. A cette période, nous enregistrions habituellement des réservations qui s’étalent jusqu’au mois d’août. Cette année, c’est à peine si on appelle pour s’enquérir des prix», nous dit le jeune employé, qui requiert l’anonymat. Les prix varient au niveau de cette infrastructure de 10.000 à 17.000 DA pour une suite junior. Une chambre double est proposée à 13.000 DA la nuitée en demi-pension. Alors que le parking du complexe se remplit rapidement dès les premières heures, bon nombre d’estivants accoste la plage. Notre interlocuteur rappelle que l’hôtel devrait voir ses chambres occupées dès le début du mois prochain, avec le lancement de la saison estivale. «Autrement, ce n’est pas encore la période des congés. Les enfants sont en pleine période d’examens», dit-il.
Toutefois, les professionnels du tourisme balnéaire se disent optimistes. Soraya, responsable d’accueil au niveau de l’hôtel Les Abbassides à Palm Beach (Staoueli), à Alger, estime que la saison estivale n’a pas encore démarré. «Les gens ont besoin d’air frais et on nous appelle de partout pour réserver. L’agenda des premières semaines du mois de juin se remplit, tandis que pour les mois de juillet et d’août, c’est presque complet», assure la responsable. Les prix sont affichés entre 6.700 DA et 10.000 DA, petit-déjeuner offert. La suite exécutive est proposée à 17.000 DA. «Nous proposons des réductions. Trois nuitées au prix de deux, un petit-déjeuner servi au lit et un départ tardif jusqu’à 14h, sans frais additionnels», fait-elle savoir. Selon la même responsable, d’autres offres seront proposées pour l’été, dans la limite des places disponibles.
Néanmoins, ces prix restent inabordables pour le commun des Algériens. Selon Zohra, croisée sur la plage en compagnie de son mari et de ses deux enfants, la tarification des hôtels n’est pas soumise à une logique du marché. «Je comprendrais qu’un hôtel 5 étoiles propose des prestations de luxe à des prix exorbitants. Mais des hôtels low-cost de 2, voire 3 étoiles qui affichent des prix élevés n’a aucun sens pour moi», s’emporte la quadragénaire. Elle et son conjoint louent une suite à 18.000 DA à l’hôtel Vague d’Or de Palm Beach. «Nous venons de Tissemsilt pour passer le week-end à la plage. Mais je trouve que les prix restent élevés pour un hôtel 3 étoiles. D’autant plus qu’il n’y a que le petit-déjeuner qui est compris dans le prix», souligne-t-elle. Des détails qui finalement n’empêcheront pas cette famille de profiter de la brise marine et de l’air frais de la plage.
Walid Souahi