Concert de Tikoubaine à la salle Ibn Khaldoun : Les blues men du désert

Le groupe de musiciens Tikoubaine poursuit sa tournée à Alger. Il a animé un concert de musique diwane, riche en couleurs et en émotions, lundi soir à la salle Ibn Khaldoun.

Originaires  de la wilaya de Tamanrasset, Tikoubaine, qui chante en tamchaka qui est le parlé tamazigh des Touaregs, est connu pour son style sahara blues, ouvert à d’autres genres musicaux tels que la folk et le reggae. Mais pour cette prestation musicale, un large répertoire de musique saharienne Assouf a été concocté. Dans une ambiance conviviale, digne des soirées ramadhanesques, les artistes se sont surpassés dans un show exceptionnel et les amateurs de musique touareg, jeunes et moins jeunes, au pas de danse très rythmé, ont partagé un moment inoubliable, et les youyous fusaient de partout.
Le public a pris plaisir  à savourer pendant deux heures les sonorités et les rythmes du Tassili Hoggar, dont la base de percussion est un brassage entre le Tindi et le Jinbi, porté par un très beau son de guitare électrique de Saïd et Hocini.
L’amour, la fraternité, le respect, le vivre-ensemble et l’identité sont les principaux  thèmes traités dans les titres qu’ils interprètent, comme «Aririwah», «Stop obligé», «Mazwan», ou encore «Awtheliayen». Presque toutes  les torches et vidéos se sont rapidement allumées, lorsque le groupe s’est mis à interpréter les chansons préférées du public. Ces derniers sont  intitulées «Riwaya», «Ana sahraoui» et «Laklighazaman».
Après le spectacle, nous nous sommes rapprochés de Said Benkhira, membre du groupe. Celui-ci n’a pas hésité à exprimer son amour pour le public algérois. «Ils étaient au top de leur forme, dynamiques comme jamais», confie-t-il. Toujours déterminés à promouvoir la riche musique targuie qui coule dans leurs veines, la simple façon de le faire, selon eux, serait de continuer à la pratiquer, de la manière la ​plus correcte et assidue qui soit. Le groupe qui a à son actif deux albums, à savoir «Dirhan» qui signifie les souhaits,  paru en 2016, et «Ahney» qui veut dire vision future,  commercialisé en 2020. Ce dernier traite de la vie quotidienne des Touaregs, leur histoire et patrimoine culturel. Tikoubaïine, prévoit un troisième album, qui verra le jour vers à la fin de l’année en cours.
Nabiha Cheurfi