Concertations politiques : Le président Tebboune tend, à nouveau, la main

C’est un chassé-croisé que connaît, ces jours-ci, le Palais d’El Mouradia. Il s’agit d’une série de concertations conduites par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, auprès des différents chefs des partis et personnalités politiques.

Une démarche qui laisse optimistes les chefs des formations politiques, lesquels soulignent, tous, l’heure de l’édification économique. Les experts, eux, voient en cette initiative «une main tendue» de la part du président Tebboune à toutes les forces du pays pour une réunification autour d’une vision politique, économique et sociale commune. Le secrétaire général du Rassemblement national démocratique, Tayeb Zitouni, estime que ces rencontres de consultation ont permis de faire un tour d’horizon quant aux différentes questions d’ordre économique et sécuritaire. Selon lui, le moment est venu pour la construction économique qui devrait suivre le renouveau institutionnel.
«Après avoir ouvert les grands chantiers de la réforme économique, le président Tebboune a eu le courage d’entreprendre le chantier du renouveau institutionnel. Ce dernier se veut une base pour l’édification d’un font interne solide en associant tout le spectre politique national. Ce front nous permet de créer un environnement sain à même d’assurer une stabilité nationale et, par ricochet, aller vers une autonomie économique», déclare le SG du RND.
L’heure de l’édification économique
De son côté, le président du Mouvement de la société pour la paix, Abderrazak Makri, met l’accent sur l’importance d’une vision «commune», permettant une transition politique effective et un véritable décollage économique.  «Ces concertations ont été une opportunité afin de présenter nos propositions relatives aux divers dossiers : politique, économique et social. Nos propositions ont été remises écrites et expliquées lors de cette rencontre», dit-il.
«J’espère que ces concertations vont conduire à la cristallisation d’une vision commune à même de garantir les libertés et la transition politique effective, mais aussi l’évolution d’une société civile qui contribuera, dans le cadre de ses compétences, à alléger les charges de l’Etat», poursuit-il. Le chef du parti islamiste exprime, aussi, son souhait quant à l’égalité des chances pour tous les citoyens, soulignant, dans la foulée, la nécessité du développement économique. Seul gage, de son avis, pour assurer l’avenir du pays et le prémunir contre toutes les menaces étrangères.
Abdelaziz Belaïd, président du Front El Moustakbal, se dit «optimiste» et considère que ces consultations se veulent un dialogue franc avec la classe politique afin d’adhérer à la démarche du président de la République concernant l’essor économique.
«Le chef de l’Etat a fait part de l’ensemble des réformes engagées et souhaite que les forces vives du pays ne soient pas être prisonnières du passé, qui s’érige en frein pour aller de l’avant», indique-t-il.
Pour une lecture sur ce chassé-croisé des chefs des partis que connaît le Palais d’El Mouradia, le politologue Idriss Attia voit que ces concertations revêtent une grande importance. Elles peuvent, éventuellement, être élargies à d’autres acteurs de la société civile et de la sphère économique, prévoit-il. «Cette initiative rassembleuse se veut une main tendue et intervient dans un contexte national et international particulier. Après l’installation de toutes les institutions de l’Etat, le Président voit l’importance d’une vision nationale commune quant aux défis à relever à l’avenir, notamment dans le domaine économique et la sécurité alimentaire», analyse-t-il.
A.Mehdid