Conflit en Ukraine : La Russie limite son offensive

L’armée russe a annoncé,  vendredi, qu’elle  allait limiter son offensive sur l’Est de l’Ukraine. L’adjoint au chef de l’état-major, Sergueï Roudskoï, a expliqué que «les capacités de combat des forces  ukrainiennes avaient été réduites de manière importante, ce qui permet (…) de concentrer le gros des efforts sur l’objectif principal: la libération du Donbass».  Des séparatistes ont créé deux «républiques» reconnues par Moscou dans cette région industrielle de la partie orientale du territoire ukrainien.

 Et ce peu après que le vice-président du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev, avait souligné que l’opération militaire en cours devait «se poursuivre jusqu’à ce qu’elle  atteigne son objectif de démilitariser et de dénazifier l’Ukraine». À Washington, un haut responsable du Pentagone a indiqué que les forces ukrainiennes avaient lancé une contre-offensive sur la ville de Kherson (sud), seul centre urbain majeur conquis entièrement par les forces de Moscou.  Dans le même temps, le président américain, Joe Biden, a rendu visite à des militaires américains basés en Pologne, la deuxième étape après Bruxelles d’un  voyage en Europe. Vendredi matin, le président américain a annoncé dans un communiqué  commun avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, la création d’un groupe de travail visant à réduire la dépendance de l’Europe envers les énergies fossiles russes et le projet de Washington de fournir à l’Europe 15 milliards de mètres cubes supplémentaires de gaz naturel liquéfié (GNL) cette année.  Au même moment, l’Allemagne, qui importait avant l’offensive russe un tiers de son pétrole et quelque 45% de son charbon de Russie, a assuré qu’elle se passerait du charbon russe d’ici à l’automne et réduirait très fortement sa dépendance au pétrole russe d’ici à la fin de l’année, tablant par ailleurs sur mi-2024 pour être «largement indépendante» du gaz russe. Dans la soirée, les Vingt-Sept ont conclu leur sommet à Bruxelles en annonçant donner mandat à la Commission européenne pour effectuer des achats de  gaz groupés, sur le modèle des commandes de vaccins anti-Covid.
Opération humanitaire d’évacuation
Par ailleurs, la France, la Turquie et la Grèce vont mener  «une opération humanitaire» d’évacuation «dans les tout prochains jours» de la ville assiégée de Marioupol, dans le sud de l’Ukraine, a annoncé vendredi le président français, Emmanuel Macron, à l’issue du sommet européen. «J’aurai d’ici 48 à 72 heures une nouvelle discussion avec le président  (russe Vladimir) Poutine pour bien en arrêter les détails et sécuriser les modalités», a précisé M. Macron.
Depuis le 24 février, plus de 2,2 millions de personnes fuyant le conflit  sont en effet entrées en Pologne, d’après les garde-frontières polonais, sur  environ 3,7 millions au total qui sont parties à l’étranger, selon l’ONU. Interpol a annoncé, vendredi, avoir déployé une  équipe de support opérationnel en Moldavie à la demande de ce pays qui fait  face à un afflux de réfugiés ukrainiens.
Interpol indique en effet avoir déjà reçu des «informations sur des  trafiquants d’êtres humains et des passeurs attendant à différents passages  de frontières pour s’attaquer aux populations vulnérables arrivant d’Ukraine». «Les enfants et les mineurs non accompagnés sont particulièrement vulnérables» face à ces trafics, alerte l’organisation.