Conflits sur les ressources en eau : «Une question de sécurité nationale», souligne Saïd Chanegriha

Le général de corps d’armée, chef d’état-major de l’ANP, Saïd Chanegriha, a présidé, ce lundi, l’ouverture des travaux du colloque intitulé: «L’eau au cœur des conflits internationaux: le cas de l’Afrique», organisé par l’Institut des Hautes études de sécurité nationale au Cercle national de l’armée de Béni Messous à Alger, a indiqué un communiqué du ministère de la Défense.

Ce colloque s’inscrit dans l’optique de partager des analyses objectives et de dégager des solutions pratiques permettant de faire face aux menaces sécuritaires engendrées par les conflits sur les ressources en eau en Afrique. En présence notamment de membres du gouvernement, du conseiller auprès du président de la République, chargé des affaires liées à la défense et la sécurité, le général de corps d’armée a mis l’accent sur l’importance des ressources en eau au regard de son lien fonctionnel avec le développement économique, la santé publique et la sécurité alimentaire, tout en invitant les institutions de l’Etat à formuler des réflexions en la matière, visant à répondre aux exigences multidimensionnelles de la sécurité nationale.
«L’eau est une source de vie et de développement. Elle constitue également un outil de pression et de marchandage tel qu’en témoignent de nombreux paysages internationaux, et un moyen pour alimenter l’instabilité interne des Etats en situation de stress hydrique, d’insécurité alimentaire et d’incapacité à créer un système national solide et durable en la matière», a indiqué Chanegriha. L’eau représente aussi un élément intrinsèque de la sécurité nationale des Etats, raison pour laquelle les Etats s’emploient à élaborer des conceptions intégrées, voire des stratégies prospectives, afin d’assurer l’exploitation rationnelle de l’eau à même de satisfaire les besoins de survie et de garantir une vie décente aux générations actuelles et futures. «C’est là qu’intervient le rôle des institutions scientifiques et de recherche de l’Armée nationale populaire et des autres institutions de l’Etat, à travers l’organisation de telles activités scientifiques, qui devraient déboucher sur l’élaboration de réflexions et d’idées, à même de répondre aux exigences de la sécurité nationale, dans toutes ses dimensions : militaire, économique, sanitaire, sociétale et environnementale», poursuit le général de corps d’armée.
«Comprendre, donc, ces évolutions et ces menaces s’avère plus que nécessaire, afin d’adopter et mettre en œuvre une stratégie nationale de sécurité hydrique, qui nous permettra d’être en phase avec ces évolutions et de faire face à leurs éventuelles menaces, notamment celles liées à la résolution pacifique et consensuelle des conflits autour de l’eau en Afrique, sans l’ingérence de parties étrangères et de manière à garantir la concrétisation des objectifs de l’agenda africain de 2023», a-t-il ajouté.
Rôle crucial des instances scientifiques
Pour sa part, le directeur général de la sécurité intérieure a mis l’accent sur la nécessité de mettre en place des mécanismes scientifiques et fonctionnels afin d’assurer notre sécurité hydrique. «L’objectif recherché par ce séminaire est d’étudier et de débattre de l’évolution de la réalité des conflits autour de l’eau pour construire des conceptions réalistes et prospectives de la cartographie des conflits internes et entre Etats africains. Il est également attendu des participants de présenter des données et des propositions pouvant être mises à contribution pour renforcer notre sécurité hydrique nationale.»
De son côté, la directrice de l’Institut des études supérieures sur la sécurité nationale a mis en exergue l’intérêt que portent les instances scientifiques et de recherche, dont l’Institut constitue l’un des piliers, à poursuivre les efforts afin d’offrir un accompagnement académique aux institutions de l’Etat.
Des conférences ont été animées par des professeurs et des chercheurs experts sur les approches à adopter et les stratégies à mettre en œuvre, afin d’arriver à des solutions techniques permettant de prédire les menaces engendrées par l’épuisement de cette ressource et les contrecarrer avec les moyens adéquats, tout en tenant compte des dimensions géostratégiques, économiques, sociétales, juridiques et environnementales de ces menaces.