Conseil supérieur de la jeunesse : Un outil pour anticiper

Le Conseil supérieur de la jeunesse, dont l’installation a eu lieu hier, vient s’ajouter à d’autres organismes du genre. Il est avant tout un outil pour aider les pouvoirs publics à élaborer et concevoir des politiques. Il révèle leur souci à ne pas fonctionner en vase clos, mais de tenir compte des avis et des suggestions des premiers concernés. Ce sont les yeux qui permettent de mieux voir, d’anticiper. La prise de décision est le dernier maillon d’un processus que précède la consultation, l’étude, la prospection dévolues à ces Conseils.
Le caractère consultatif de ces Conseils, comme le Cnes, celui de la langue arabe ou de la santé publique, ne diminue en rien de leur importance. L’une de nos journalistes était présente à la cérémonie d’installation dont elle relate le déroulement. D’autres collaborateurs rappellent combien les attentes des jeunes et leurs espoirs sont nombreux.
Ils donnent la parole à beaucoup d’entre eux qui en parlent.

Parler…jeune

Le Conseil supérieur
de la jeunesse a été installé, lundi , par le président de la République. Un nouvel organe à caractère consultatif, dont l’objectif essentiel est de formuler des avis, des recommandations et des propositions au sujet des questions relatives aux besoins de la jeunesse ainsi qu’à son épanouissement dans l’ensemble des domaines de la vie active.

L’idée de désarrimer le Conseil supérieur de la jeunesse ou du moins ses membres de toute activité politique relève d’une vision stratégique lucide sachant les potentiels, voire inévitables, brouillages à même d’altérer son fonctionnement. Et, beaucoup d’évènements sont là pour confirmer cette réalité dans une Algérie qui se reconstruit graduellement depuis trois ans face à une sournoise adversité animée de l’extérieur et ne semblant cibler essentiellement et plus particulièrement que sa jeunesse.
Cela étant, les critères d’éligibilité auraient gagné à être moins exclusifs au profit des 232 membres élus au titre de la représentation des jeunes de wilaya même si la parité homme/femme est mise en exergue. En effet, ne sont éligibles parmi les 232 jeunes que les candidats de formation universitaire. Une valorisation quelque part arbitraire en ce sens que le niveau intellectuel ne peut constituer forcément la mesure-étalon dans l’engagement d’un jeune. Néanmoins, cela ne va en rien empêcher un large brassage parmi un groupe social constituant les deux tiers de la population. Comme il est plus que certain que seul un jeune est à même de comprendre les difficultés que rencontrent quotidiennement les autres jeunes et plus encore à la faveur des instruments mis en place parmi lesquels, les commissions diversement chargées de l’éducation, la formation t l’enseignement supérieur, celle de l’emploi et de l’entrepreneuriat, l’innovation et l’économie de la connaissance comme cette autre qui aurait à se pencher sur la citoyenneté, le volontariat, la vie associative et la participation des jeunes à la vie publique. Le Conseil ne pourra que brasser large avec le reste des commissions dont celle de la culture, des sports, des loisirs, du tourisme et sans doute mieux encore quand il est question d’environnement, de développement durable, de solidarité, de prévention et de protection contre les fléaux sociaux. En fait, tout ce qui est mal exploité ou mis à profit tendancieusement place en situation de vulnérabilité extrême ceux qui constituent la majorité de la population algérienne.
 Abdelhamid Lemili