Consommation du tabac : Le fléau touche de plus en plus d’écoliers

Le tabagisme chez les écoliers et adolescents  représente actuellement et ce, depuis des décennies un problème important de santé publique en Algérie, à l’instar de plusieurs pays occidentaux. Les associations, les parents d’élèves et même certains élèves tirent la sonnette d’alarme, face à la dépendance tabagique des jeunes et les conséquences néfastes sur leur santé.

Le phénomène prend de plus en plus de l’ampleur, en dépit des  campagnes de sensibilisation. Selon Khaled Ahmed, porte parole de l’association des parents d’élèves, « l’absence d’un contrôle parental et la vente libre de la cigarette, constituent les causes principales pour ce laisser-aller, constaté chez les écoliers âgées de 14 à 17 ans ». Rappelant que le tabac est le premier produit psychoactif consommé quotidiennement à l’adolescence, il met en garde contre les effets néfastes engendrés par l’exposition ou la consommation du tabac par les jeunes personnes. «Il n’est pas à rappeler que l’exposition à la nicotine par des jeunes personnes, peut avoir des effets néfastes et durables sur le développement du cerveau. Les jeunes fumeurs risquent de souffrir d’asthme et de troubles de la fonction et de la croissance pulmonaires. En outre, le tabagisme réduit leur condition physique, tant en termes de performance que d’endurance ». Il estime par ailleurs, que « l’adolescence est une période critique où les élèves sont vulnérables et se laissent convaincre par les personnes qu’ils côtoient, comme les vendeurs du tabac ». Dans ce sillage, il est à rappeler selon les études établis par les psychosociologues que « le comportement tabagique s’établit généralement pendant l’adolescence, et la dépendance à la nicotine s’installe en un temps jugé record. »
D’après les observations et témoignages recueillis, les jeunes fument durant la récréation, au vu et au su de tous. Selon les associations des parents d’élèves, «et c’est un signe de souffrance et de mal-être chez les enfants et adolescents». Pour une majorité d’entre eux, «la généralisation de l’internet et le développement des réseaux sociaux a renforcé la donne et a permis la prolifération des fumeurs. ». Rappelant que la plupart des parents n’ont aucune maîtrise sur l’outil informatique, en revanche, dit-il « ces jeunes écoliers ont créé un espace de communication libre entre eux, facilitant l’accès à l’information».
Les enquêtes réalisées par les institutions sécuritaires révèlent par ailleurs, que les buralistes sont amplement impliqués dans l’extension de la consommation de la nicotine, tant ils acceptent de vendre à des mineurs. «Les écoliers, ignorent les conséquences néfastes de la dépendance de la nicotine, d’où l’importance de les rappeler à l’ordre», s’inquiète l’association des parents d’élèves.  Selon lui, il s’agit d’un phénomène multifactoriel, et les raisons qui poussent les  adolescents à en consommer sont diverses. Il s’agit en premier lieu du facteur génétique, outre la fragilité psychologique. «Un enfant fragile psychologiquement est souvent prédisposé à l’accoutumance », souligne-t-il. Et d’ajouter que « l’avènement du Covid 19 n’a fait que compliquer la situation socio-économique et politique. « Les enfants sont passés au second plan, en raison de la crise économique, aggravée par la crise sanitaire.» En second lieu, il y a le facteur environnemental. Certes, la consommation de cigarettes peut toucher toutes les couches sociales, mais les plus démunies sont plus vulnérables, face à ce fléau, qui peut être perçue comme une échappatoire. A cet égard, la société civile organise des campagnes de sensibilisation dans les écoles, dans l’espoir de freiner ce fléau.
Samira A.