Constantine : Le téléphérique toujours en réhabilitation

Cela fait quatre ans, presque jour pour jour, que le téléphérique à Constantine est à l’arrêt. Des «arrêts techniques» comme il en a connus depuis sa mise en exploitation en juin 2008, selon les responsables de la direction des transports.

Une mise en exploitation obtenue au demeurant au forceps par l’approximation faite par les représentants de toute la chaîne de responsabilité dans les délais de livraison et une communication des plus chaotiques. Cela a forcément donné lieu à beaucoup de spéculations au sein des médias, au moment où la centaine de milliers de Constantinois résidant sur les hauteurs de la ville et 5 .000 agents du CHU en attente de bénéficier enfin de ce moyen de transport salvateur, en faisaient pratiquement leur deuil de le voir entrer en activité.
Faudrait-il préciser que le téléphérique permettait le transport de 2.000 passagers par heure grâce aux 32 cabines et réglait de façon quasi définitive la difficulté des pouvoirs publics à trouver une solution au trafic automobile reliant la zone nord de la ville au centre urbain réputé pour un enchevêtrement inextricable de voies étroites continuellement paralysées. Sans qu’il n’y ait besoin de revenir sur les péripéties qui suivront sa mise en exploitation et les dix années d’activité, les arrêts successifs pour diverses raisons, le dernier arrêt est celui d’avril 2018 était trop sérieux pour que les responsables locaux tentent de trouver une solution.
Le dernier arrêt était justifié par une opération de réhabilitation et de maintenance des installations, mais le chantier a été carrément fermé pour insuffisance de financement des travaux. L’une des rares explications données par la direction des transports est que la réhabilitation entreprise depuis 2018 est à 85% d’avancement. Les 15% restants nécessitant une nouvelle enveloppe financière.
Cela dit, il ne resterait que des actions de maintenance dans trois stations, l’une au départ (rue Tatêche) et deux autres au terminus pour que la téléphérique se remette à fonctionner normalement. Inexplicable quand même pour une réalisation qui aura coûté la bagatelle de 200 milliards de centimes au Trésor public et qui, durant une décennie, a fonctionné presqu’au petit bonheur la chance.
Abdelhamid Lemili