Constantine : Les dernières pluies ont sauvé la saison agricole

La campagne des moissons-battages, qui commencera au début du mois prochain, est sauvée. Ce sont du moins les propos du directeur des services agricoles de la wilaya de Constantine.

Pour lui, «ce quasi-miracle est à mettre sur le compte des précipitations des premiers jours du mois de mai». «En raison d’un stress hydrique de deux mois, le pire était attendu», rappelle-t-il. Du coup, les responsables des Coopératives des céréales et légumes secs (CCLS) rassurent quant à la disponibilité des moyens de stockage, approchant les 1.800.000 q pour des prévisions qui, en raison du stress hydrique, ne dépasseront pas les 1.300.000 q. Abdelatif B., un agriculteur parmi les plus performants de la wilaya, voire de l’est du pays, confirme : «Les dernières précipitations n’ont sauvé la saison qu’à 50%, car les deux mois de stress hydrique ont causé énormément de dégâts.»
A vrai dire, tout dépend aussi de la qualité des sols, car certains retiennent mieux les eaux. A en croire notre interlocuteur, les dernières pluies ont apporté «une nette amélioration».
Pour A.B., si la saison est partiellement sauvée, ce sera aussi grâce au professionnalisme d’un bon nombre d’agriculteurs qui travaillent et respectent l’itinéraire technique. «L’utilisation de l’engrais et des produits désherbants se fait à 30% au niveau de la wilaya», fait-il savoir.
Abordant les conditions de stockage, l’agriculteur évoque les engagements des responsables de la CCLS, s’agissant notamment de la mise en place, pour cette saison, de nouveaux dépôts d’une capacité de 500.000 q. «Cela ne servirait finalement pas à grand-chose dans la mesure où la production sera en deçà des attentes et loin des records des années précédentes, même si celle de 2021 fut catastrophique», s’empresse-t-il d’ajouter.
L’agriculteur Nadir B.L. est du même avis. «La région d’Aïn Abid, située à 45km à l’est du chef-lieu de wilaya, réputée par la qualité de son blé dur et tendre et qui a bénéficié d’un microclimat particulier, ressemblera à l’Ukraine», lance-t-il.
Abdelhamid Lemili