Constantine : Prédilection pour l’eau de source

A l’origine à Constantine, seules les familles résidant dans les bidonvilles recouraient à l’alimentation en eau potable. Cela pouvait toutefois être le cas pour le centre urbain en cas de situation exceptionnelle comme une période estivale particulièrement marquée par un déficit hydrique sinon une défection assez grave des circuits habituels de desserte d’eau.

En somme, une panne du réseau qui ne dépasserait pas toutefois la semaine, auquel cas les bornes-fontaines, points d’eau et autres sources existant en périphérie du centre urbain y palliaient même si cela se faisait parfois dans des conditions difficiles compte tenu du prévisible rush phénoménal des personnes.  Eut-il encore fallu disposer de moyens de transport pour cela ou encore que lesdites sources ne soient pas frappées d’interdiction par les services d’hygiène communale pour des raisons de non potabilité ponctuelle.
Cela étant, depuis plus d’une quinzaine d’années, notamment depuis la réalisation du barrage de Beni Haroune et la réhabilitation du réseau d’eau potable de la ville de Constantine, le problème ne se pose plus, les endroits les plus reculés étant désormais alimentés, mieux encore parfois en non-stop et dans le pire des cas en moitié de journée quotidiennement. Toutefois, avec la réalisation de nouveaux pôles urbains et l’extension incessante de ceux existant, il n’en demeure pas moins que la demande est rarement satisfaite. Du moins dans des normes qui garantissent plus ou moins un certain niveau de satisfaction. Et, si tant est que l’eau coule dans les robinets, elle n’en est pas néanmoins douteuse par son impureté laissant planer le risque de contamination. Sont notamment concernés les multiples immeubles d’habitation des villes d’Ali Mendjeli, Aïn N’has, Massinissa, Didouche Mourad et en certains endroits ceux urbains de la commune de Constantine même.
Du coup, leurs résidents s’alimentent à partir d’eau puisée, semblerait-il, à partir de sources de montagnes notamment de la région de Jijel (El-Milia – Tassoust) et Skikda (Collo) où les eaux ont l’effective réputation de qualité à telle enseigne qu’elles détiendraient des propriétés curatives à l’exemple de l’élimination des calculs rénaux, une affirmation appuyée autant par ceux qui en consomment que par des médecins locaux. Ainsi, défilent à travers les artères de la ville d’Ali Mendjeli à toute heure de la journée et même de la nuit des camions-citernes d’une belle couleur bleue et hyper-propres pour marquer l’arrêt dans les cours d’immeuble annonçant leur présence par mégaphone. Très rapidement se forment les chaînes d’enfants avec un certain nombre de jerricans, l’eau étant cédée à 10 dinars le litre. Se pose toutefois, la qualité réelle du liquide même si les prestataires disposent d’agrément et de certificats attestant de la qualité de l’eau vendue comme se pose également la périodicité du nettoyage et l’entretien du contenant.
Cela étant, les services de la Seaco mènent régulièrement campagne sur la qualité de l’eau coulant des robinets, ses responsables assurant et rassurant sur la régularité des analyses faites, invitant et surtout encourageant les habitants à son usage.
Abdelhamid Lemili