Coopération économique : Sur le principe gagnant-gagnant

Le partenariat économique entre l’Algérie et la Turquie est en constante évolution ces dernières années à travers le lancement et la réalisation de nombreux projets concernant, entre autres, les secteurs de l’industrie, de l’énergie, des énergies renouvelables, de l’agriculture, du tourisme, de la santé et des travaux publics.

Même si aujourd’hui le niveau des échanges commerciaux n’est pas encore à la hauteur des relations politiques très étroites et liens historiques qui unissent les deux pays, il n’en demeure pas moins que la machine est lancée et semble bien huilée pour parvenir à une coopération diversifiée, solide et permanente sur la base du principe gagnant-gagnant.
A signaler que 1.400entreprisesturquessont présentes en Algérie. La valeur des projets gérés par les entrepreneurs turcs en Algérie est d’environ20 milliards de dollars. Dans le domaine de la construction et de l’habitat, les entreprises turque sont réalisé 550 projets d’infrastructures et de logements, alors que le nombre d’entreprises avec des partenaires turcs en Algérie dépasse les 1.300. En2020,plus de 130 sociétés turques ont été créées en Algérie dans différents secteurs. Dans l’agriculture, un projet a été annoncé l’année dernière au niveau de la wilaya d’Adrar. Il s’agit d’un investissement d’une valeur de 20 millions de dollars concernant la production laitière et la culture céréalière (blé).Dans le domaine des travaux publics et transports, l’entreprise turc Özgünİnşaat, entreprise leader de KRK Holding, se charge de la réalisation de pénétrante autoroutière reliant la ville de Tizi-Ouzou à l’autoroute Est-Ouest, sur un Linéaire de 48 km, et des travaux d’aménagement des gorges de Kherrata. Sans oublier le dédoublement de la voie ferrée avec rectification du tracé entre les gares d’El Affroun et Khemis, de la ligne Alger, et des travaux d’aménagement de la RN43 sur 11,5 km
Dans le secteur de l’énergie, les deux parties veulent accentuer leur coopération, notamment dans les domaines de la production et de la maintenance, les énergies renouvelables, l’engineering, le transport de l’électricité et du gaz, la distribution de l’énergie, l’industrie et la fabrication, le secteur minier… Les deux pays avaient renouvelé en 2020 le contrat relatif à d’approvisionnement de la Turquie en GNL jusqu’à 2024, faisant de l’Algérie le premier fournisseur de GNL de a Turquie et le 4e fournisseur de gaz de pétrole liquéfié (GPLc). En outre, le partenariat entre Sonatrach et la société turque Renaissance porte sur la réalisation d’un complexe pétrochimique deproduction de propylène et de polypropylène (PDH-PP) dans la ville turque de Ceyhan.
Une stratégie commune
Les secteurs de l’acier et du fer, du textile, des produits chimiques et d’entretien, pharmaceutiques et agroalimentaires se taillent la part du lion des investissements. Il s’agit, notamment, du complexe sidérurgique Tosyali, implanté à Oran, spécialisé dans la production du rond à béton, du fil de machine et des tubes en spirale et ce en attendant l’entrée en production de l’acier plat et du complexe intégré des métiers de textile du groupe Tayal de Sidi Khettab à Relizane. En 2021, le volume des échanges commerciaux entre les deux pays a atteint 4,2 milliards de dollars. Les exportations de l’Algérie vers la Turquie ont atteint la valeur de 2,5  milliards de dollars tandis que les importations ont été de l’ordre de 1,7 milliard de dollars. Les investissements directs turcs en Algérie ont atteint près de 5 milliards de dollars, générant quelque 30.000 postes d’emploi.
Amokrane Hamiche