Cours de soutien scolaires : Le privé à la rescousse

Alors que le nombre d’écoliers infectés par la Covid-19 ne cesse d’augmenter, plusieurs parents préfèrent ne pas envoyer leurs enfants à l’école. Pour poursuivre le cursus scolaire, ils les inscrivent néanmoins aux cours de soutien.

Classes moins surchargées et protocole sanitaire stricte, les écoles qui dispensent des cours de soutien voient le nombre d’élèves inscrits augmenter au fil des jours. Avec la hausse du nombre de cas infectés à la Covid-19 au niveau des établissements écoliers, les parents prennent l’initiative. Yamina, mère de deux enfants, a inscrit dernièrement ses deux fils dans une école de cours de soutien. Elle espère qu’ils ne ratent pas les cours de cette année. « Six cas ont été recensés à l’école de mes enfants, dont deux enseignantes. Ils n’y vont plus depuis quatre jours et il a fallu trouver une solution pour qu’ils continuent à suivre les cours », a-t-elle confié. Notre interlocutrice assure que les enseignants employés par l’école des cours de soutien sont des enseignants retraités pour la plupart qui travaillaient dans les établissements scolaires publics. « Ils suivent le même programme académique et leur pédagogie est beaucoup plus instructive », assure la mère qui souligne que le nombre d’élèves par classe est limité à 7 seulement contre 28 à l’école. Selon Yamina, les enseignants sont également soumis à un test Covid-19 régulièrement et les mesures nécessaires pour freiner la propagation du virus sont strictes. « Le constat est clair. Jusqu’à l’amélioration de la situation sanitaire à l’école, mes enfants suivront les cours de soutien. Ils s’y rendront seulement pour les devoirs et les examens », nous lance-t-elle, inquiète pour l’avenir de ses bambins.
Eviter une contagion de masse
Farid Kacemi, responsable de l’école Hira pour les cours de soutien, rassure de son côté les parents. « Nous continuerons à prélever la température des élèves à l’entrée de l’établissement. Il est également interdit d’enlever ou de baisser sa bavette jusqu’à ce que les élèves quittent l’école », a-t-il rétorqué. Il fait savoir qu’un seul enfant infecté à la Covid-19 a été enregistré au courant du début de l’année et a été écarté de la classe jusqu’à son rétablissement. « Nous effectuons des tests sur le personnel et les enseignants pour éviter la contagion », mentionne Kacemi.
Par ailleurs, plusieurs parents misent sur les écoles privées pour la scolarisation de leurs enfants. Alors que les protocoles sanitaires dans les écoles se veulent plus laxistes, les écoles privées doublent les mesures pour prévenir la propagation du virus. Dans l’école privée « l’Envol » à El Mouradia, plusieurs démarches ont été prises dernièrement pour, d’un côté éviter une contagion de masse des élèves mais également la surcharge des classes. En effet, le directeur de l’école affirme avoir admis une dizaine de nouveaux éléments. « Ils nous viennent des écoles publiques, surchargées malgré le système de scolarité par groupes. Les parents préfèrent désormais payer pour la santé de leurs enfants mais également de leur entourage », nous a-t-il fait savoir. Selon une parente qui a inscrit son enfant à l’école privée, le programme pédagogique est plus étoffé et il y a nettement moins d’élèves en classe. « C’est rassurant pour que mon enfant puisse suivre tranquillement les cours mais également sans trop de danger du côté sanitaire. Les écoles publiques doivent revoir le protocole sanitaire mis en place. C’est très alarmant, beaucoup ne portent pas de masque, ni les élèves ni les enseignants », conteste la mère. Elle préconise néanmoins de revoir les mesures de distanciation et les gestes barrières que la fermeture totale des écoles. « Les enfants dans la rue ont plus de chance de faire circuler le virus qu’à l’école », a-t-elle conclu.
Walid Souahi