Couverture vaccinale : Les performances jugées insuffisantes

En Algérie comme partout dans le monde, trois indicateurs de performance sont recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la couverture vaccinale. Il s’agit du BCG à la naissance (vaccin contre la tuberculose), de la troisième dose de DTC (vaccin diphtérie-tétanos-coqueluche) ou DTC3 et de la première dose de vaccin à valence rougeole ou ROR1.

L’objectif visé par les autorités sanitaires, selon les recommandations de l’OMS, est d’atteindre un taux de couverture vaccinale de 95% au niveau national et d’au moins 90% au niveau wilaya. Selon le dernier rapport annuel d’analyse de la couverture vaccinale systématique de routine en Algérie de l’année 2019, publié en avril 2021, le taux de couverture vaccinale reste globalement «insuffisant», car n’ayant pas atteint le minimum de 90 % visé. Ceci est particulièrement le cas pour le DTC3 à l’âge de 12 mois (considéré comme un indicateur de performance des programmes de vaccination) qui a réalisé un taux de couverture vaccinale de seulement 58,8%. C’est aussi le cas, mais dans une moindre mesure, du ROR 1 dont le taux s’est établi à 76,9%. Seul l’indicateur du vaccin BCG à la naissance présente un taux de couverture «très satisfaisant» avec ses 98,2%.
En effet, «au cours de l’année 2019, la couverture vaccinale s’est avérée insuffisante pour les indicateurs de performance troisième dose de DTC et première dose de ROR au niveau national et dans la majorité des wilayas», note le rapport. Cette insuffisance, est-il souligné, «est observée aussi dans les résultats récents de l’enquête de santé mère et enfant MICS 6 (2018-2019).»On affirme, par ailleurs, «qu’au cours des cinq dernières années (précédant le rapport), une insuffisance de la couverture vaccinale anti-rougeoleuse a été observée et a d’ailleurs été responsable de l’apparition d’épidémies dans plusieurs wilayas.» L’investigation des épidémies de rougeole «a montré l’atteinte surtout des enfants non vaccinés», précise-t-on.
Par ailleurs, et parmi les causes évoquées par le rapport pouvant expliquer cette faible couverture vaccinale, tel que suggéré par l’OMS, il pourrait y avoir des problèmes «d’inaccessibilité», soit des barrières géographiques, «l’absence d’éducation des parents» qui fait que l’enfant ne soit pas emmené aux services de vaccination par négligence ou encore le «manque de sensibilisation et d’éducation des parents par les personnels de santé.»
Le «faible statut socio-économique des parents» est aussi considéré comme une cause de l’inaccessibilité de l’enfant aux services de vaccination. D’autres causes existent, ajoute le rapport, parmi lesquelles, il cite ce qu’on appelle «les occasions manquées», où l’agent de santé n’utilise pas chaque contact avec un membre de la famille pour vacciner un enfant cible, ou encore «l’ignorance» de certaines personnes de l’existence de services de vaccination ou croient que la vaccination peut nuire pour des raisons socioculturelles. On évoque également le problème des «abandons» où un groupe commence la vaccination mais ne revient pas pour terminer le calendrier.
Yahia Benaïssa