Culture de colza : «Une filière stratégique», selon le secrétaire national de l’Unaa

Les potentialités locales de production d’huile de colza sont loin d’être négligeables. La première expérience de cette culture, au titre de la saison 2020-2021, a concerné pas moins de 29 wilayas et porté ses fruits avec une récolte globale de 13.935 q.

Les rendements de cette culture, encore balbutiante, pourraient être bien supérieurs à 25 q/ha cette année. L’augmentation des capacités productives de cet oléagineux pourrait ainsi réduire la facture d’importation d’huile de table et d’aliments de bétail d’au moins 40%. Et pour encourager les agriculteurs à s’orienter vers cette culture et leur assurer une confortable marge bénéficiaire, le prix d’achat du quintal de colza a été fixé à 9.000 DA contre 7.500  l’année passée. Le département de Mohamed-Abdelhafid Henni s’apprête, par ailleurs, à accorder une aide estimée à 1.500 DA pour un quintal de colza cultivé aux agriculteurs, en plus de la baisse des prix des engrais et la réduction par la Caisse régionale de la mutualité agricole (CRMA) des prix d’assurance des surfaces cultivées de colza.
Selon le secrétaire national de l’Union nationale des agriculteurs algériens (Unaa), «les agriculteurs commencent sérieusement à s’intéresser à cette culture, même si celle-ci demeure exigeante en pluviosité et en engrais». Pour Tahar Karami, «la sensibilisation doit néanmoins se poursuivre pour assurer une meilleure adhésion des exploitations privées et des investisseurs pour ce qui est de la transformation des oléagineux», soulignant la nécessité de «garantir notre sécurité alimentaire sur une base durable dans ce contexte international de crise». Il n’est, d’ailleurs, pas «exclu de faire face à une crise d’approvisionnement devant la baisse de l’offre mondiale en produits agricoles, notamment si le conflit russo-ukrainien devrait durer dans le temps», affirme Karami pour qui «l’Algérie doit impérativement assurer son autosuffisance en matière de cultures stratégiques».
«Nous sommes, précise-t-il, à la deuxième année de la relance de la culture du colza après la première expérience de la saison dernière qui a donné des résultats encourageants,  poussant d’autres agriculteurs à investir dans cette filière.» Les résultats des études menées par l’Institut technique des grandes cultures confirment, en effet, ce succès et révèlent les grandes capacités du pays qui pourrait cultiver jusqu’à 2 millions d’hectares de cette oléagineuse. «Il s’agit de leur première expérience pour beaucoup d’agriculteurs qui ont dû s’adapter à l’itinéraire technique de cette culture jusqu’à la récolte. C’est le cas des agriculteurs de Bordj Bou-Arréridj, Souk Ahras, Guelma et Ouargla», a fait savoir Karami. Il déplore, toutefois, «le retard pris avant de mettre en place les conditions nécessaires à la réussite de cette culture et élargir les superficies consacrées à cette filière stratégique». Pour lui, «le programme très ambitieux du ministère de l’Agriculture qui vise à cultiver 3.000 ha de ce produit, dont 1.000 ha destinés à la production des semences, a besoin d’être soutenu par un accompagnement technique des agriculteurs à qui il faudrait assurer également les engrais et les machines de récolte».
Assia Boucetta