Dans des structures de santé à Alger : Afflux notable de patients

Le nombre de cas de contamination par la Covid s’envole. Services des urgences des hôpitaux, centres de vaccination Covid et de proximité connaissent un afflux massif de patients.

L’établissement public de santé de proximité Bouchenafa de Sidi M’hamed, dans le quartier de Belouizdad, ne désemplit pas. Hier, à 8h, dès l’ouverture du centre, une centaine de malades, souffrant, pour la plupart, de symptômes similaires à ceux d’une grippe saisonnière s’impatientent dans la salle d’attente. «Depuis deux jours, j’ai une montée de fièvre, des sueurs nocturnes, une toux sèche et de nombreuses douleurs corporelles», s’inquiète une jeune dame. Les symptômes sont tellement proches de ceux d’une grippe qu’elle n’a pas jugée utile de passer voir un spécialiste et s’est contentée du traitement habituel.
Toutefois, au bout de trois jours, elle a commencé à avoir des difficultés respiratoires, tout en souhaitant que ce soit une fausse alerte. Se mêlant à la discussion, une patiente regrette que «le prix du test Covid est inaccessible, même si les laboratoires d’analyses poussent comme des champignons depuis l’avènement de la pandémie». Le moins cher est l’antigénique : à près de 3.000 DA. «Je ne vais pas enrichir ces laboratoires qui profitent de la situation, car dans la plupart des pays, le test est gratuit», s’emporte-t-elle. Selon elle, «les symptômes des deux infections (Covid et grippe saisonnière) paraissent similaires pour la plupart de la population». Toutefois, ajoute-t-elle, «négliger l’avis du médecin peut avoir des conséquences bien plus lourdes».
Elle raconte que le mari de sa cousine a fini «par être admis en réanimation, car il a refusé de se faire soigner dès les premiers symptômes». «Bien que sa vie ne soit plus en danger, il risque des séquelles graves. Le médecin lui a expliqué que le rétablissement se fera graduellement et peut prendre jusqu’à six mois.» Son interlocutrice acquiesce mais explique que le nouveau variant qui circule est «d’une dangerosité moins importante que celui qui a sévi durant la troisième vague». Nesrine, jeune étudiante, est intervenue en écoutant cette discussion, qui n’a pas réussi à la rassurer. «L’Institut Pasteur fait part de près de 40 cas infectés par le variant Omicron, alors que les contaminations journalières dépassent les 500 cas, selon le dernier bilan», lance l’étudiante, qui invite les gens à se faire vacciner et respecter les mesures barrières. «Il faut porter le masque sur le nez», dit-elle à un vieux monsieur, qui suivait la discussion de loin.
Elle souligne, par ailleurs, «les moyens réduits des hôpitaux», raison pour laquelle, «il faut prévenir la maladie en se faisant vacciner». Une chose que ne contredira surtout pas Mohamed, un trentenaire, rencontré aux urgences du Centre hospitalo-universitaire Mustapha-Pacha. Il regrette amèrement de ne pas s’être vacciné. Son état de santé se complique de plus en plus. Il a consulté un médecin dès les premiers symptômes et fait le test, qui s’est avéré positif. Il a pris le traitement approprié mais il a toujours des difficultés respiratoires et il se sent toujours faible. «Les personnes souffrant de maladies chroniques sont plus susceptibles de développer des formes graves de la Covid. C’est la raison pour laquelle il faut se faire vacciner», conclut l’homme souffrant de diabète.

Rush vers les centres de vaccination
«Au centre de vaccination de l’EPSP Bouchenafa, depuis l’apparition de nombreux cas de Covid dans le quartier, les demandes de rendez-vous de vaccination se font de plus nombreuses», confie une aide-soignante. Selon elle, la situation est identique à celle du début de la troisième vague.
«Le taux d’incidence a bondi et les gens appréhendent la dégradation de la situation épidémiologique, comme l’an dernier», poursuit-elle. «Cela peut inciter les gens à se faire vacciner», fait-elle observer. Notons que les autorités sanitaires ont exhorté les établissements à coopérer et à mettre en commun leurs ressources pour prendre en charge l’afflux des malades.
Samira Azzegag