Dans une supérette au cœur d’Alger : Des courses plus chères

A l’approche du Ramadhan, les prix des produits alimentaires s’enflamment et les citoyens s’en plaignent. Mois de piété et de spiritualité, le mois sacré est aussi celui d’une consommation effrénée de nourriture. C’est en partie ce qui explique la forte hausse des prix, un simple effet de la loi de l’offre et de la demande.

La spéculation va bon train en l’absence de mesures dissuasives à l’encontre des fraudeurs. Dans un contexte économique mondial très tendu marqué par une augmentation significative des prix des matières premières, tous les moyens sont bons pour justifier l’inflation.
Une chose est sûre : les courses des ménagères coûtent plus chères et celles-ci comptent désormais le moindre sou. Ce mardi, aux environs de10h à l’intérieur du supermarché Promy, situé à la rue Larbi-Ben-M’hidi, quelques clients tournent et retournent des produits de base pour en connaître le prix. D’autres font le tour des rayons à la recherche de promotions avant de se rendre compte que rares sont les produits qui s’affichent à un prix plus bas qu’auparavant. Hormis des paquets de pâtes de 500 grammes dont le prix varie entre 60 et 125 DA, selon les marques. Le couscous (1 kg) est exposé à 120 DA, le sac de pois chiche (500g) à 185 DA, l’extra pâte courte dite vermicelle (500g) à 90 DA et le sucre (1kg) à 90 DA. La bouteille d’huile de table de deux litres se vend à 245 DA. Le sachet de 250 g de raisin sec est cédé à 230 DA.
Rencontrée surplace, Samia S., journaliste dans un site électronique, estime que «les prix ne sont pas à la portée de toutes les bourses». «Les produits sont disponibles même si certains ont connu des tensions les semaines dernières, notamment l’huile de table», tient-elle à ajouter. Ali Mahmoudi, chauffeur de taxi, croisé dans le rayon des produits frais, se joint volontiers à la discussion. Il confie ne pas avoir travaillé durant deux ans en raison de la crise sanitaire. Pour lui, «le simple citoyen, chef de famille nombreuse, ne peut pas faire face cette hausse avec un faible revenu».
«Les autorités doivent intensifier le contrôle et sévir en cas de spéculation pour faire baisser les prix», assène-t-il. Et de renchérir : «Je pensais qu’avec la Covid, on avait connu le pire. Je m’aperçois que d’autres épreuves nous attendent.» Il affirme, toutefois, qu’«il ne veut pas se restreindre à l’aspect culinaire au cours de ce mois de piété». «Les longues heures passées dans les marchés pour dénicher fruits et légumes frais, aux multiples senteurs, pourraient ne pas être possibles cette année», se lamente Hakima, femme au foyer dont le budget a déjà été laminé par le stockage de produits non périssables depuis quelques semaines. Craignant d’éventuelles pénuries si la crise russo-ukrainienne venait à durer dans le temps, elle a pris les devants.
Le spectre des pénuries écarté
Cette inquiétude sur la disponibilité des produits alimentaires n’est nullement nouvelle. Elle ressurgit chaque année, à l’approche du mois de Ramadhan en dépit des assurances des autorités. «Les produits agricoles, les différentes viandes et la poudre de lait seront disponibles en quantité suffisante et à des prix acceptables durant le mois de Ramadan», a assuré, lundi, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural. «La farine et la semoule ne manqueront pas», a lancé Mohamed Abdelhafid Henni. Le ministre dit avoir «reçu des instructions», pour ce qui est du lait, d’«augmenter le niveau de production des laiteries relevant du groupe Giplait» et «mettre à disposition les quantités de lait nécessaires dans les zones d’ombre».
De son côté, le président de l’Association nationale des commerçants (Anca) tient à informer les consommateurs qu’«environ 15 millions de quintaux de légumes et de fruits, 120.000quintaux de viandes rouges et blanches, en plus de plus d’un million de tonnes de céréales et 25.000 tonnes de sucre, d’huile, seront commercialisés durant le Ramadhan».
Hadj Tahar Boulenouar salue à ce propos «les mesures prises par le gouvernement concernant l’organisation des marchés de quartier où plus d’une dizaine à travers la capitale seront équipés en perspective du mois sacré.
Assia Boucetta