De l’utilité de la vaccination : Le pacte avec la vie

Dès l’indépendance, l’Algérie avait compris qu’une politique de santé publique efficace repose avant tout sur la disponibilité des vaccins. Dans les écoles, les usines, les maternités ou les casernes on vaccinait à tout va. Les autorités sont vite parvenues à éradiquer des maladies comme la diphtérie, la rougeole, la polio qui tuent encore dans d’autres pays. La vaccination a révélé, lors de la dernière crise sanitaire, toute son importance. Mais depuis quelques années, ce qui semblait être une opération simple et naturelle, qui ne soulevait jamais de vagues, s’accompagne, désormais, de polémiques. Dans ce dossier, des praticiens rappellent l’œuvre accomplie et évoquent les origines de ces réticences et les moyens d’y faire face. Il y est aussi abordé le passage de l’Algérie au statut de pays producteur de vaccins destinés aussi à être exportés.

Se vacciner ! Quel dilemme! Pourtant, la raison est d’une simplicité déconcertante. En effet, se vacciner c’est tout bonnement se prémunir contre des maladies…évitables et qui ne le sont plus si justement il n’y a pas vaccin. Quelle lapalissade. Pourtant, entre ceux qui sont pour, ceux qui sont contre, il y a les sans avis aptes à basculer dans un camp ou dans l’autre pour peu qu’un argumentaire leur paraît pertinent même si en réalité celui-ci est fallacieux parce qu’éloigné de tout raisonnement scientifique.
Avec une telle démarche, où aurait pu en être l’Algérie si dès 1969 le pouvoir politique n’avait-il pas promulgué un arrêté rendant obligatoire la vaccination chez les enfants pour les protéger contre les maladies épidémiques ? Et, depuis le calendrier vaccinal a toujours été complété, modifié et actualisé au gré des situations sanitaires prévalant. Et, «obligatoire» ne peut qu’en dire long sur la perception très réduite des conséquences a posteriori de maladies qui étaient de nouveau d’actualité à travers le monde notamment chez les populations dont les systèmes de santé avaient quelque peu baissé la garde. Peuvent être cités la poliomyélite, la rougeole, la rubéole, le tétanos, la coqueluche, la méningite, la variole et deux ans avant la survenance de la crise sanitaire mondiale, le Dr Fourar exhortait les parents, dont les enfants de 6 à 14 ans n’auraient pas encore été vaccinés, de se présenter dans les différents établissements sanitaires pour ce faire. C’est dire quand même qu’il y a 4 ans seulement les résistances n’étaient pas qu’une vue de l’esprit et qu’elles relevaient encore moins d’un effet de mode comme cela allait l’être avec celui (vaccin) contre le Covid auquel vont s’opposer, voire contester, bien des Algériens alors même que le produit n’était encore même pas disponible. Cela pour divers motifs d’effets secondaires, de contenant partiellement illicite, d’inefficacité…
La signature d’un programme de travail entre l’Algérie et l’Organisation mondiale de la santé en mars dernier est évidemment loin d’être anodine dans la mesure où ce programme est axé sur les maladies transmissibles, non transmissibles et les systèmes de santé dont le «développement qui a permis de porter l’espérance de vie de ses citoyens à 77 ans» est reconnu par l’institution internationale évoquée, d’où son engagement à soutenir l’élimination et l’éradication de toutes les maladies infectieuses en Algérie. En conclusion, il y a lieu de souligner que depuis l’indépendance, la vaccination a non seulement protégé des générations entières mais plus particulièrement a permis d’éradiquer des maladies contagieuses, ce qui lui a valu régulièrement la reconnaissance de l’OMS.
La funeste période du Covid-19 a heureusement permis de montrer l’importance de la vaccination et s’il y a effectivement eu des résistances au départ, ne faudrait-il alors que retenir le formidable engouement qui s’en est suivi par la suite. Vacciner toute personne qui doit l’être reste le maître-mot.
Abdelhamid Lemili