Déperdition scolaire : Les syndicats appellent à des solutions urgentes

Le phénomène de déperdition ou décrochage scolaire est en forte croissance. La rupture du parcours scolaire menace l’avenir des enfants. Ce problème va à contre-courant du développement du pays. Le débat autour de cette question est toujours d’actualité, puisque elle fait beaucoup de mal aux enfants, à l’école et aux parents.

Le problème de l’abandon scolaire doit être une préoccupation majeure impliquant l’ensemble de la population et les pouvoirs publics pour minimiser les causes. Pour Zoubir Rouina, SG du Conseil des lycées d’Algérie (CLA), les organisations syndicales et les associations de parents d’élèves ont tiré la sonnette d’alarme depuis plusieurs années. «Malheureusement pour le moment, rien n’est fait», a-t-il regretté.
«Quand un responsable parle d’un taux de réussite de 50%, pour nous c’est aussi 50 % d’échec. Environ 20 % d’entre eux redoublent mais 30% vont rompre définitivement leurs études», a-t-il dit. Selon lui, si cet enfant n’est pas repris par la formation professionnelle, il sera confronté aux fléaux sociaux, comme la drogue et la délinquance. Il a rappelé que lorsque les syndicalistes ont annoncé que l’enseignement secondaire perd presque 500.000 élèves par année, les responsables de ce secteur l’ont démonté. Rouina a affirmé que le secteur a besoin de décisions fermes et surtout applicables sur le terrain et non pas des décisions populistes qui n’impliquent pas des spécialistes. En l’absence de passerelles de récupération, le phénomène risque encore de s’aggraver et les rangs des chômeurs vont encore grossir.  Le SG a fait également savoir que le phénomène a un coût et l’Etat perd aussi des sommes colossales. Quand l’élève quitte les bancs de l’école avant de décrocher son bac, c’est un investissement de plus de 13 ans qui est perdu. «Il est temps de se pencher sur ce problème et de trouver des solutions urgentes en prenant surtout en compte la volonté et le choix des élèves», a-t-il ajouté. Pour avoir un enseignement de qualité, il est recommandé de définir la responsabilité de tout un chacun.
 Urgence de se pencher sur les véritables raisons
 Parmi les solutions proposées, notre interlocuteur a cité la réintroduction de l’enseignement technique comme cela se fait avant et donnant la chance aux élèves doués pour l’enseignement technique de suivre une spécialité de leur choix. C’est un moyen de protéger les élèves de la déperdition et de tous les maux de la société.  «Nous avons besoin d’une réelle volonté politique pour arriver à un enseignement de qualité et éviter les décisions unilatérales», a-t-il poursuivi. Un avis partagé par Messaoud Boudiba, porte-parole du Syndicat national autonome des professeurs du secondaire et du technique (Snapest). Depuis plusieurs années, le syndicat réclame l’ouverture de l’enseignement professionnel à partir de la première année secondaire. Selon lui, la déperdition scolaire est aussi due aux conditions socio-économiques de ces enfants qui sont parfois poussés à quitter l’école pour aider leurs parents. Le plus important, ce n’est pas de maintenir les enfants jusqu’à l’âge de 16 ans, mais faut savoir ce qu’ils veulent de cet élève. Le système  d’enseignement a une part de responsabilité dans cet échec. Il a lancé un appel à la communauté scolaire à se pencher sur les véritables raisons du problème, dont la surcharge des classes, la formation des enseignants, les programmes scolaires.
Les spécialistes recommandent d’intervenir sur deux volets, à savoir des mesures correctives et préventives. La réforme du système éducatif exige l’implication de tout monde pour aller de l’avant et sauver ces enfants de la rue.
Samira Belabed