Dépistage et vaccination dans les officines : Des acquis à conforter

La pandémie sanitaire a permis aux officines pharmaceutiques d’élargir leurs services liés à la santé, dans le dépistage et la vaccination. Des services à conforter, selon le vice-président du Snapo.

Le vice-président du Syndicat national algérien des pharmaciens d’officines (Snapo), Shafick Rahem, a qualifié, ce mardi sur les ondes de la Chaîne 3, la vaccination et le dépistage au niveau de la pharmacie durant la pandémie sanitaire d’acquis à préserver et à conforter. D’autant plus que la nouvelle loi sanitaire est en faveur de l’élargissement des services de la santé au profit des officines. «Ces dernières ont prouvé leur résilience durant les crises. Et elles sont restées ouvertes durant la pandémie en dépit de difficultés dans le transport, en matière de personnel… Il est temps que les services liés à la santé fassent l’objet de textes d’application qui ont pris près de deux ans de retard», indique-t-il, précisant que le pays compte 12.000 officines implantées sur le territoire national, y compris dans les régions les plus reculées. Il est temps, estime-t-il, d’aller vers la pratique officinale, la formation thérapeutique, ne plus se contenter de la dispensation des médicaments. «Il y a énormément de services que le pharmacien peut apporter à la santé, lui permettant de ne plus considérer le patient comme un simple client. Des services sous forme de soin et de suivi notamment des traitements dans le cas où il y a des contre-indications», explique-t-il. Il révélera que le Snapo a appelé, à maintes reprises, à ce que certains médicaments, anticancéreux entre autres, soient disponibles dans les officines afin de les rendre plus accessibles aux patients.
«Cette doléance est restée sans écho. Le syndicat a lancé un appel pour élargir la vaccination vers d’autres vaccins et non seulement anti-Covid. Des vaccinations qu’il faudra réglementer sous forme d’arrêtés», souligne-t-il. Le pharmacien algérien reste sous-utilisé, sous exploité alors que ses compétences lui permettent de faire plus, dans la prévention, dans le conseil et limiter ainsi la surcharge dans les urgences et dans les dépenses de la santé.
Souveraineté sanitaire
La bonne nouvelle dans ce secteur, assure-t-il, est la volonté des pouvoirs publics de faire de ce secteur un domaine stratégique et d’aller vers la souveraineté et la sécurité sanitaires, clairement démontré à travers la création du département ministériel consacré à l’industrie pharmaceutique. «Ce dernier œuvre dans ce sens en travaillant sur des textes réglementaires depuis sa création. Des textes en faveur de la transparence et de la traçabilité. Il faut un peu de temps pour optimiser ces efforts, mais il y a une rupture claire avec les pratiques du passé», soutient-il. Le vice-président du Snapo espère que les textes d’application de la loi sanitaire soient promulgués le plus vite possible pour réinstaurer également le métier de pharmacien assistant et des auxiliaires. D’après lui, il y a énormément de postes à pourvoir dans les 12.000 officines dans ce domaine. De même qu’il appelle à réglementer les compléments alimentaires dont le contrôle n’est assuré actuellement que par le ministère du Commerce. «Les services de la santé doivent avoir un droit de regard sur ces produits, car ils peuvent comporter des principes actifs de médicaments. Ce qui pourrait représenter un danger pour la santé», conclut-il.
Farida Belkhiri
Médicaments : La production atteindra les 70% cette année
Pour le vice-président du Snapo, la production de médicaments atteindre les 70% des besoins au cours de cette année. Elle dépassera même ce seuil, selon lui, quand les projets de développement et de fabrication de certains médicaments, anticancéreux et insulines, seront réalisés. «Seulement, la souveraineté sanitaire exige également une couverture nationale en matières premières. Une réflexion doit être lancée dans ce sens de même que sur la biotechnologie qui prend de l’ampleur dans le monde», soutient-il. Par ailleurs, explique-t-il, en soumettant les importateurs des médicaments essentiels à de nouveaux cahiers de charges, l’Etat s’engage à assurer ce type de produits pharmaceutiques à l’ensemble des patients. «De plus, dans ces cahiers de charges, il existe une clause relative au retour des produits périmés. Une excellente initiative, car on compte des centaines de tonnes de médicaments périmés stockés», rapporte-t-il.
F. B.
Produit pharmaceutiques : 900 possibilités d’enregistrement en 2022
Grâce à la nouvelle loi sanitaire, des facilités dans l’enregistrement des médicaments pour les importateurs sont octroyées. Selon le vice-président du Snapo, il y a 900 possibilités d’enregistrement pour cette année. «Grâce aux facilités administratives, en outre, les médicaments ne sont plus bloqués. Un comité de cliniciens est créé pour donner son avis sur les pré-enregistrements, les enregistrements et sur la qualité des médicaments», dit-il en approuvant les nouveaux cahiers de charges, en cours, destinés aux distributeurs. Tous ces éléments, estime-t-il, vont contribuer à réduire les pénuries et les ruptures de stock de médicaments et à mettre fin à la spéculation pratiquée par certains distributeurs et producteurs.
F. B.